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tiques de Londres, de Bruges, de Bergen, de Novogorodétaient analogues sous plusieurs rapports aux factoreriesdes Vénitiens et des Génois dans le Levant; c’étaient desespèces de forts. Les commis ne pouvaient s’y marier, depeur qu’ils n’enseignassent le commerce et les arts aux in-digènes 1 . Ils n’étaient reçu3, dans certains comptoirs, qu’a-près des ^preuves cruelles qui garantissaient leur courage.Le commerce se faisait encore presque partout les armes àla main. Si les gens de la Hanse apportaient à Novogorodou à Londres du drap de Flandre trop grossier, trop étroitou trop cher, le peuple se soulevait, et souvent en assom-mait quelques-uns. Alors les marchands menaçaient dequitter la ville, et le peuple alarmé en passait par où ils vou-laient. Les habitants de Bruges ayant tué quelques hommesde la Hanse, elle exigea, pour rétablir son comptoir danscette ville, que plusieurs bourgeois lissent amende honora-ble, et que d’autres allassent en pèlerinage à Saint-Jacquesde Compostelle et à Jérusalem. En effet, la punition la plusterrible que les Hanséaliques pussent infliger à un pays,c’était de n’y plus revenir. Lorsqu’ils n’allaient point enSuède, les habitants manquaient de drap, de houblon, de selet de hareng; dans les révolutions, le paysan suédois étaittoujours pour ceux qui lui fournissaient le hareng et lesel. Aussi la Hanse exigeait-elle des privilèges excessifs;la plupart des villes maritimes de Suède laissaient occuperau moins la moitié de leurs magistratures par des Hanséa-tiques.
Cependant cette vaste puissance ne portait point sur unebase solide. La longue ligne qu’occupaient les villes de laHanse, depuis la Livonie jusqu’aux Pays-Bas, était partoutétroite, partout rompue par des Etats étrangers ou enne-mis. Les villes qui la composaient avaient des intérêts di-vers, des droits inégaux ; les unes étaient alliées , d’autresprotégées, d’autres sujettes. Leur commerce même, qui
1 Yoy. pasim Mallet, Histoire de la ligue hanséatique, Genève,1805. L’auteur a souvent profité des travaux de Sartorius.