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troubles politiques et religieux de la Perse, faibles fonde-ments de la puissance des Mamelucs; à l’occident, discordesde ia chrétienté; la Hongrie la défend du côté de la terre,Venise du côté de la mer; mais elles sont affaiblies, l’unepar l’ambition de la maison d'Autriche, l’autre par la ja-lousie de l’Italie et de toute l’Europe; héroïsme impuissantdes chevaliers de Rhodes et des princes d’Albanie.
Nous avons vu, dans le chapitre I r , Mahomet II acheverla conquête de l'empire grec, échouer contre la Hongrie,mais s’emparer de la domination des mers, et faire tremblerla chrétienté. A l’avénement de Bajazet II [1481], les rôleschangèrent; la terreur passa du côté du sultan. Son frèreZizim, qui lui avait disputé le trône, s’étant réfugié chez leschevaliers de Rhodes, devint, entre les mains du roi deFrance, et ensuite du pape, un gage de la sûreté de l’Occi-dent. Bajazet paya à Innocent VIII et à Alexandre VI dessommes considérables pour qu’ils le retinssent prisonnier.Ce prince impopulaire, qui avait commencé son règne parfaire périr le visir Achmet, l’idole des janissaires, le vieuxgénéral de Mahomet II, suivit, malgré lui, l’ardeur militairede la nation. Les Turcs tournèrent d’abord leurs armescontre les Mamelucs et les Persans. Défaits par les premiers,à Issus, ils préparèrent la ruine de leurs vainqueurs, en dé-peuplant la Circassie, où les Mamelucs se recrutaient. Aprèsla mort de Zizim, n’avant plus à craindre une guerre inté-rieure , ils attaquèrent les Vénitiens dans le Péloponèse, etmenacèrent l’Italie [1499-1503]; mais la Hongrie, laBohême et la Pologne se mirent en mouvement, et l’avène-ment des Sophis renouvela et régularisa la rivalité politiquedes Persans et des Turcs [1501]. Après cette guerre, Bajazetindisposa les Turcs contre lui par une paix de huit années,voulut abdiquer en faveur de son fds Achmet, et fut détrônépar son second fils Selim, qui le fit périr. L’avénement dunouveau prince, le plus cruel et le plus belliqueux de tousles sultans, jeta l’Orient et l’Occident dans les mêmes alar-mes [1512] : on ne savait s’il fondrait d’abord sur la Perse,sur l’Égypte, ou sur l’Italie ( Cantimir, passim).