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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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chaque peuple sa langue, combattant tour à tour Fran-çois 1 er et les protestants dAllemagne, Soliman-et les Bar-baresques; cest le véritable successeur de Charlemagne, ledéfenseur du monde chrétien. Cependant lhomme détatdomine en lui le guerrier. 11 nous offre le premier modèledes souverains des temps modernes; François I er nest quunhéros du moyen âge.

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Lorsque l*fempire était vacant par la mort de Maximi-lien I er [1519], et que les rois de France, dEspagne etdAngleterre demandaient la couronne impériale, les élec-teurs,' craignant de se donner un maître, loffrirent à lundentre eux, à Frédéric le Sage, électeur de Saxe. Ce princela fit donner au roi dEspagne et mérita son surnom. Char-les-Quint était des trois candidats celui qui pouvait menacerle plus la liberté de lAllemagne, mais cétait aussi le pluscapable de la défendre contre les Turcs. Sélim et Solimanrenouvelaient alors les craintes que lEurope avait éprou-vées du temps de Mahomet II. Le maître de lEspagne, duroyaume de Naples et de lAutriche, pouvait seul fermer lemonde civilisé aux barbares de lAfrique et de lAsie.

Ainsi éclata, avec leur concurrence pour la couronne im-périale, la sanglante rivalité de François I er et de Charles-Quint. Le premier réclamait Naples pour lui, la Navarrepour Henri dAlbret; lEmpereur revendiquait le fief impé-rial du Milanais et le duché de Bourgogne. Leurs ressourcespouvaient passer pour égales. Si lempire de Charles étaitplus vaste, il nétait point arrondi comme la France. Sessujets étaient plus riches, mais son autorité plus limitée. Lagendarmerie française navait pas moins de réputation quelinfanterie espagnole. La victoire devait appartenir à celuiqui mettrait le roi dAngleterre dans son parti. Henri VIIIavait raison de prendre pour devise : Qui je défends estmaître. Tous deux font des pensions au cardinal Wolsey,son premier ministre; tous deux demandent Marie sa fille,lun pour le dauphin, lautre pour lui-même. François 1 erobtient de lui une entrevue près de Calais, et, ne se sou-