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venant plus qu’il a besoin de le gagner, il l’éclipse par sagrâce et sa magnificence L Charles-Quint, plus adroit,avait prévenu cette entrevue en visitant lui-même Henri VIIIen Angleterre. 11 avait gagné Wolsey en lui faisant espérerla tiare. La négociation était d’ailleurs bien plus facile pourlui que pour François I er . Henri VIII en voulait déjà au roide France, qui gouvernait l’Ecosse par le duc d’Albany,son protégé et son sujet 2 , au préjudice de Marguerite,veuve de Jacques IV et sœur du roi d’Angleterre. En s’u-nissant à Charles-Quint, il avait la chance de recouvrerquelque chose des domaines que ses ancêtres avaient au-trefois possédés en F rance.
Tout réussit à l’Empereur. Il mit Léon X de son côté, eteut ensuite le crédit de faire élever à la papauté son précep-teur, Adrien d’Utrecht. Les Français, qui pénétrèrent enEspagne, arrivèrent trop tard pour donner la main aux in-surgés [1521]. Le gouverneur du Milanais, Lautrec, qui,disait-on, avait exilé de Milan près de la moitié des habi-tants, fut chassé de la Lombardie. Il le fut encore l’annéesuivante; les Suisses, mal payés, demandèrent congé oubataille, et se firent battre à La Bicoque. L’argent destinéaux troupes avait été détourné par la reine-mère, en hainedu général.
Au moment où François I er songeait à rentrer en Italie,un ennemi intérieur mettait la France dans le plus granddanger. Il avait fait un passe-droit au connétable de Bour-bon, l’un de ceux qui avaient le plus contribué à la victoirede Marignan. Charles, comte de Montpensier et dauphind’Auvergne, tenait de son épouse, petite-fille de Louis XI,le duché de Bourbon, les comtés de Clermont, de la Marcheet d’autres domaines, qui faisaient de lui le plus grand sei-gneur du royaume. A la mort de sa femme, la reine-mère,
1 On nomma ladite assemblée le Camp de drap d'or... tellement queplusieurs y portèrent leurs moulins, leurs forêts et leurs prez sur leursespaules. Martin du Bellay, xvn, pag. 285.
2 Pinkerton, tom. n, pag. 135. Le régent lui-même, dans ses dépêches,appelait le roi de France, mon maître. 11 tenait beaucoup plus auxgrands biens qu’il avait en France, qu’à la régence du royaume d’Écosse.