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gion au déisme. La monarchie pontificale étant renverséepar l’aristocratie luthérienne, celle-ci est attaquée par ladémocratie calviniste; c’est une réforme dans la Réforme.Pendant la première et la seconde époque, d’anciennessectes anarchiques, composées en partie de visionnairesapocalyptiques, se relèvent, et donnent à la Réforme l’aspectformidable d’une guerre contre la société; ce sont les Ana-baptistes dans la première période, les indépendants et lesNiveleurs dans la seconde.
Le principe de la réforme était essentiellement mobile etprogressif. Divisée dans son berceau même, elle se répandità travers l’Europe sous cent formes diverses. Repousséeen Italie, en Espagne, en Portugal [1526], en Pologne[1523]; elle s’établit en Rohême à la faveur des privilègesdes Calixtins; elle s’appuya en Angleterre des souvenirs deWiclef; elle allait se proportionnant à tous les degrés decivilisation, se conformant aux besoins politiques de chaquepays. Démocratique en Suisse [1523], aristocratique enDanemark [1527], elle s’associa en Suède à l’élévation dupouvoir royal [1529]; dans l’Empire, à la cause des libertésgermaniques.
§ I. Origine de la Réforme.
Dans la mémorable année 1517, à laquelle on rapporteordinairement le commencement delà Réforme, ni l’Europe,ni le pape, ni Luther même ne se doutaient d’un si grandévénement. Les princes chrétiens se liguaient contre leTurc. Léon X envahissait le duché d’Urbin, et portait aucomble la puissance temporelle du Saint-Siège. Malgré l’em-barras de ses finances, qui l’obligeait de faire vendre desindulgences en Allemagne et de créer à la fois trente-et-uncardinaux, il prodiguait aux savants, aux artistes, les tré-sors de l’Église avec une glorieuse imprévoyance. Il en-voyait jusqu’en Danemark et en Suède rechercher les mo-