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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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numents de l’histoire du Nord l * . Il autorisait par un breflavente de Y Orlando fur ioso 3 * , et recevait la lettre éloquentede Raphaël sur la restauration des antiquités de Rome. Aumilieu de ces soins, il apprit qu’un professeur de la nou-velle Université de Wittemberg, nommé Martin Luther,déjà connu pour avoir, l’année précédente, hasardé des opi-nions hardies en matière de foi, venait d’attaquer la ventedes indulgences. Léon X, qui correspondait lui-même avecErasme, ne s’alarma point de ces nouveautés; il réponditaux accusateurs de Luther que c’était un homme de ta-lent, et que toute cette dispute n’était qu’une querelle demoines 3 .

L’Université de Wittemberg, récemment fondée par l’é-lecteur de Saxe, Frédéric le Sage, était, en Allemagne, unedes premières où le platonisme eût triomphé de la sco-lastique, et où l'enseignement des lettres fût associé à celuidu droit, de la théologie et de la philosophie. Luther, par-ticulièrement, avait d’abord étudié le droit, puis, ayant prisl’habit monastique dans un accès de ferveur, il avait résolude chercher la philosophie dans Platon, la religion dans laBible. Mais ce qui le distinguait, c’était moins sa vastescience qu’une éloquence vive et emportée, et une facilitéalors extraordinaire de traiter les matières philosophiqueset religieuses dans sa langue maternelle; c’est par où ilenlevait tout le monde Cet esprit impétueux, une foislancé, alla plus loin qu’il n’avait voulu 5 . Il attaqua l’abus,

1 1517. - 2 Publié en 1516.

3 Che fra JUartino aveva bellissimo ingegno , e che coteste erano in-vidie fratesche. — 4 Bossuet.

3 Luther, préface de la Captivité de Babylone, « Que je veuille ou non,« je suis forcé de devenir plus savant de jour en jour, lorsque des mai-re très si renommés m’attaquent, tantôt ensemble, tantôt séparément.« J’ai écrit il y a deux ans sur les indulgences ; mais je me repens fort

« aujourd’hui d’avoir publié ce petit livre. J’étais encore irrésolu, par

« un respect superstitieux pour la tyrannie de Rome : je croyais alors« que les indulgences ne devaient pas être condamnées : mais depuis.« grâce à Sylvestre et aux autres défenseurs des indulgences, j’ai compris« que ce n’était qu’une invention de la cour papale pour faire perdre laa foi en Dieu et l’argent des hommes. Ensuite sont venus Eccius et