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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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puis le principe des indulgences, ensuite l’intercession dessaints, la confession auriculaire, le purgatoire, le célibat desprêtres, la transsubstantiation, enfin l’autorité de l’Église,et le caractère de son chef visible. Pressé en vain par le lé-gat Cajetan de se rétracter, il en appela du légat au pape,du pape à un concile général; et lorsque le pape l’eut con-damné, il osa user de représailles, et brûla solennellement,sur la place de Wittemberg, la bulle de condamnation et lesvolumes du droit canonique [15 juin 1520].

Un coup si hardi saisit l’Europe d'étonnement. La plu-part des sectes et des hérésies s’étaient formées dans l'om-bre, et se seraient tenues heureuses d’être ignorées. Zwinglelui-même, dont les prédications enlevaient, à la mêmeépoque, la moitié de la Suisse à l’autorité du Saint-Siège,ne s’était pas annoncé avec cette hauteur 1 . On soupçonnaquelque chose de plus grand dans celui qui se constituaitle juge du chef de l'Église. Luther lui-même donna pour unmiracle son audace et son succès.

« Emser avec leur bande pour m’enseigner la suprématie et la tonte—« puissance du pape. Je dois reconnaître, pour ne pas me montrer ingrat« envers de si savants hommes que j’ai beaucoup profité de leurs écrits.« Je niais que la papauté fût de droit divin; mais j’accordais encore« qu’elle était de droit humain Après avoir entendu et lu les subtilités« par lesquelles ces pauvres gens voudraient élever leur idole, je me suis« convaincu que la papauté est le royaume de Babylone, et la puissance« de Nemrod le fort chasseur. »

1 Zwingle, curé de Zurich, commença ses prédications en 1516: lescantons de Zurich, de Bâle, de Schatïouse, de Berne, et les villes alliéesde Saint-Gali et de Mulhausen embrassèrent sa doctrine. Ceux de Lu-cerne, Uri Schwitz, Unteiwalden, Zug, Fribourg, Soleure et le Valais,restèrent fidèles à la religion catholique. Claris et Appenzel furent parta-gés. Les habitants descantons catholiques, gouvernés démocratiquementet habitant presque tous hors des villes, tenaient à leurs anciens usageset recevaient toujours des pensions du pape et du roi de France. Fran-çois I er se porta en vain pour médiateur entre les Suisses ; les cantons ca-tholiques n’acceptant point la pacification proposée, ceux de Zurich et deBerne leur retranchaient les vivres. Les catholiques envahirent le terri-toire de Zurich et gagnèrent sur les protestants une bataille où Zwinglefut tué en combattant à la tête de son troupeau (b. de Gappel 1531). Lescatholiques, plus barbares, plus belliqueux et moins riches, devaientvaincre, mais ne pouvaient soutenir la guerre aussi longtemps que lescantons protestants. Sleidan, Muller. Hist, Univ., 4c vol. ( Voy. pour 6e-nève le chapitre suivant.)