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(Uthysenitsch), tuteur du jeune fils de Zapoly. Cet hommeextraordinaire, qui, à vingt ans, gagnait encore sa vie enentretenant de bois les poêles du palais royal de Bude, étaitdevenu le maître véritable de la Transylvanie. La reine-mèreappelant les Turcs, il traita avec Ferdinand, qui au moinsétait chrétien ; il fit pousser partout le cri de guerre 1 2 , ras-sembla en quelques jours soixante-dix mille hommes, et| emporta, à la tôle de ses heiduques, la ville de Lippe, queles Autrichiens ne pouvaient reprendre sur les infidèles. Cessuccès, cette popularité, alarmaient le frère de Charles-Quint. Martinuzzi avait autorisé les Transylvains à repous-ser par les armes la licence des soldats allemands. Ferdinandle fit assassiner, mais ce crime lui coûta la Transylvanie. Lefils de Zapoly y fut rétabli, et les Autrichiens ne conservè-rent ce qu’ils possédaient de la Hongrie qu’en payant tributà la Porte ottomane.
Cependant Charles-Quint opprimait l’Allemagne, et me-naçait l’Europe. D’un côté, il acceptait l’alliance qu’il pro-posait aux Suisses, Bâle, Zurich etSchaffouse, qui, disait-il,appartenaient à l’Empire. De l’autre, il prononçait la sen-tence du ban contre Albert de Brandebourg, devenu feu-dataire du roi de Pologne 3 ; il indisposait Ferdinand même,et séparait les intérêts des deux branches de la maisond’Autriche, en essayant de transporter de son frère à sonfils la succession à l’Empire. 11 avait introduit l’inquisitionaux Pays -Bas. En Allemagne, il voulait imposer aux Catho -liques et aux Protestants son Inhalt (intérim), arrangementconcilialoire qui ne les réunit qu’en un point, la haine del’Empereur. On comparait l 'Intérim aux établissements deHenri VIII, et ce n’était pas sans raison : l’Empereur aussitranchait du pape; lorsque Maurice de Saxe, gendre duLandgrave, réclama la liberté de son beau-père qu’il avait
1 Béchet, Histoire de Martinusius, pag. 32i. Un homme à chevalarmé de toutes pièces, et un homme à pied, tenant une épée ensanglan-tée, parcouraient le pays en poussant le cri de gnetre, selon l'aricitnusage de Transylvanie.
2 Sleidan. 1. xxt.
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