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juré de garantir, Charles-Quint lui déclara qu'il le déliaitde son serment. Partout il traînait à sa suite le Landgraveet le vénérable électeur de Saxe, comme pour triompheren leurs personnes de la liberté germanique. La vieille Al-lemagne voyait, pour la première fois, les étrangers violerson territoire au nom de l’Empereur : elle était traverséeen tout sens par des mercenaires italiens, par de farouchesEspagnols, qui mettaient à contribution les Catholiques etles Protestants, les amis et les enuemis.
Pour renverser cette puissance injuste, qui semblait iné-branlable,il suffitdu jeune Maurice, le principal instrumentde la victoire de Charles-Quint. Celui-ci n’avait fait quetransférer à un prince plus habile l’électorat de Saxe et laplace de chef des protestants d’Allemagne : Maurice sevoyait le jouet de l’Empereur, qui retenait son beau-père;une foule de petits livres et de peintures satiriques , quicirculaient dans l’Allemagne 1 2 , le désignaient comme unapostat,comme un traître, comme le fléau de son pays.Une profonde dissimulation couvrit les projets de Maurice :d’abord il fallait lever une armée sans alarmer l’Empereur;il se charge de soumettre Magdebourg à Y Intérim, et jointles troupes de la ville aux siennes. En même temps il traitesecrètement avec le roi de France. L’Empereur, ayant re-fusé de nouveau de rendre la liberté au Landgrave, reçoità la fois deux manifestes, l’un de Maurice, au nom de l’Al-lemagne, pillée par les Espagnols, outragée dans l’histoireofficielle de Louis d’Avila 4 ; l’autre du roi de France,Henri II, qui s’intitulait le protecteur des princes de l’Em-pire, et qui plaçait en tête de son manifeste un bonnet deliberté entre deux poignards 3 . Pendant que les Françaiss’emparent des Trois-Evêchés, Maurice marche à grandesjournées sur Inspruck [1552]. Le vieil Empereur, alorsmalade et sans troupes, partit la nuit, par une pluie affreuse,et se fit porter vers les montagnes de la Carinthie. Sans une
1 Sleidan, 1. xxm.
2 1(1.., 1. xxiv. — * Ibid.