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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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L'occasion de la réforme aristocratique et royale d’An*gleterre fut petite : elle parut tenir à la passion éphémèred’Henri YIIÏ pour Anne Boleyn, dame d’honneur de lareine Catherine d’Arogqn, tante de Charles-Quint. Au boutde vingt ans de mariage, il se souvint que la reine avaitété pendant quelques mois l’épouse de son frère. C’était lemoment où la victoire de Pavie, rompant l’équilibre del’Occident, effrayait Henri YII1 sur le succès de l’Empe-reur, son allié; il passa du cédé de François et demanda sondivorce à Clément Y(L Le pape, menacé par Charles-Quintcherchait tous les moyens de gagner du temps; après avoirremis le jugement à des légats, il évoqua l'affaire à Rome.Les Anglais ne voyaient pas le divorce avec plus de plaisir :outre l’intérêt qu’inspirait Catherine, ils craignaient qu’unerupture avec l’Espagne n’arrêtât le commerce des Bays Bas.Ils refusaient de fréquenter les marchés de France par les-quels on aurait voulu remplacer ceux de la Flandre. Cepen-dant des conseillers plus hardis, qui avaient succédé aucardinal-légat \Yqlsey, le ministre d’état Cromwell, etCranmer, docteur d’Qxford, que Henri avait fait archevêquede Cantorhéry, détruisaient ses scrupules en lui achetantl’approbation des principales universités de l’Europe. Leroi éclata enfin,- et le clergé du royaume fut juridiquementaccusé d’avoir reconnu pour légat le ministre disgracié. Lesdéputés du clergé n’obtinrent leur pardon qu’en faisant auroi un présent de cent mille livres, et en le reconnaissantpour le protecteur et le chef suprême de l’Eglise d’Angle-terre. Le 30 mars 15*3-4, cette déclaration, passée en billdans les deux chambres, fut sanctionnée par le roi, et toutappel à Rome fut défendu. Le 23 du même mois, Clé-ment YII s’était prononcé contre le divorce, d’après l'avispresque unanime de ses cardinaux : ainsi l’Angleterre futséparée du Saint-Siège.

Ce changement, qui semblait terminer la révolution, n’enétait que le commencement. D’abord le roi déclara tous lespouvoirs ecclésiastiques suspendus; les évêques devaient,au bout d’un mois, présenter pétition pour recouvrer l’exer-