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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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A la mort de Frédéric I er [1534], les évêques tentèrentun effort pour prévenir leur ruine imminente. Ils essayèrentde porter au trône le plus jeune fils de ce prince, âgé dehuit ans, qui n'était pas encore prévenu en faveur du lu-théranisme, comme son aîné (Christian III) ; on faisait va-loir que cet enfant, étant né en Danemark, parlait dès leberceaula langue du pays, au lieu que son frère était con-sidéré comme un Allemand. Cette lutte des évêques contre lanoblesse, de la foi catholique contre Ja nouvelle doctrine, dupatriotisme danois contre l’influence étrangère, encourageal’ambition de Lubeck. Cette république avait peu profitéde la ruine de Christian II. Frédéric avait créé des com-pagnies, Gustave favorisait les Anglais. L’administrationdémocratique, qui avait remplacé à Lubeck l’ancienne oli-garchie, était animée de l’esprit de conquête plus que decelui de commerce. Les hommes nouveaux qui la condui-saient, le bourgmestre Wullenwever et le commandantMeyer, naguère serrurier, conçurent le projet de renouvelerdans un royaume la révolution démocratique qu’ils avaientfaite dans une ville, de conquérir et de démembrer le Dane-mark. Ils confièrent la conduite de cette guerre révolu-tionnaire à un aventurier illustre, le comte Christophed’Oldenbourg, qui s’était signalé contre les Turcs; il n’a-vait que son nom et son épée, mais il se consolait, dit-on,de sa pauvreté en lisant Homère dans l’original. Il entradans le Danemark en soulevant les classes inférieures aunom de Christian II, nom magique qui ralliait toujours lescatholiques et les paysans. Tout était tromperie dans cetteguerre machiavélique : les démocrates de Lubeck nom-maient au peuple Christian II, et ne pensaient qu’à eux-mêmes; leur général Christophe ne travaillait ni pourChristian ni ppur Lubeck, mais pour ses propres intérêts.Les calamités de cette révolution furent telles, que laguerre du comte est restée une expression proverbiale enDanemark. L’effroi général rallia tous les esprits à Chris-tian III. Le sénat, retiré dans le Jutland, qui seul lui res-tait, l’appela du Holstein, où il s’était retiré; Gustave lui