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quer les terres ecclésiastiques sur lesquelles ils pouvaientavoir quelque droit; enfin, il enleva aux évêques les châ-teaux et les places fortes qu’ils avaient entre les mains, et,par la suppression des appels à Rome, l’Eglise suédoise setrouva indépendante, sans abandonner la hiérarchie et laplupart des cérémonies catholiques [1529]. On fait monterà treize mille le nombre des terres ou fermes dont le rois’empara. Ayant ainsi abattu dans le pouvoir épiscopal latête de l’aristocratie, il eut meilleur marché de la noblesse,imposa sans obstacle les terres féodales, et fit déclarer lacouronne héréditaire dans la maison de Wasa.
Les évêques de Danemark, qui pourtant avaient contri-bué à la révolution, ne furent pas plus heureux que ceuxde la Suède. Elle ne se fit qu’au profit des nobles, qui exi-gèrent de Frédéric I er le droit de vie et de mort sur leurspaysans. La prédication du luthéranisme fut ordonnée;les États d’Odensée [1527] décrétèrent la liberté de con-science, abolirent le célibat des ecclésiastiques, et brisèrenttout lien entre le clergé danois et le siège de Rome.
Les pays les plus éloignés du nord-, moins accessiblesaux idées nouvelles, ne reçurent pas sans résistance cetterévolution religieuse. Les Dalecarliens furent armés par leclergé contre le roi qu’ils avaient fait eux-mêmes. Les Nor-wégiens et les Islandais ne virent dans l’introduction duprotestantisme qu’une nouvelle tyrannie des Danois. Chris-tian II, qui s’était réfugié aux Pays-Ras, crut pouvoir pro-fiter de cette disposition. Cet homme, qui avait autrefoischassé avec des dogues un évêque fugitif, associait alorssa cause à celle de la religion catholique. Avec le secoursde plusieurs princes d’Allemagne, de Charles-Quint et dequelques marchands hollandais, il équipa une flotte, dé-barqua en Norwége, et pénétra de là en Suède. Les Han-séatiques armèrent contre les Hollandais, qui amenaientChristian. Repoussé, et obligé de se renfermer dans Opslo,il se rendit aux Danois, qui lui promirent la liberté et letinrent enfermé vingt-neuf ans dans le donjon de Saender-bourg, sans autre compagnie qu’un nain.