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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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princes auxquels elle soumettait l’Église. Les peuples atten-daient une réforme qui fut à eux; elle leur fut donnée parJean Calvin, protestant français réfugié à Genève. La pre-mière avait conquis l’Allemagne du nord, la seconde bou-leversa la France, les Pays-Bas, l’Angleterre et l’Écosse.Partout elle rencontra un opiniâtre adversaire dans la puissance espagnole, que partout elle vainquit.

Lorsque Calvin passa de Nérac à Genève [1535], il trouvacette ville affranchie de son évêque et des ducs de Savoie,mais entretenue dans la plus violente fermentation par lescomplots des mamelus (serviles), et par les insultes conti-nuelles des gentilshommes de la Confrérie de la Cuiller. Ilen devint l’apôtre et le législateur [1541-64], se portantpour juge entre le paganisme de-Zwingle et le papismede Luther. L’Église fut une démocratie, et l’État s’y ab-

ile canaux. — État des Pays-Bas depuis la mort de Charles le Témé-raire. 1477, Marie de Bourgogne épouse Maximilien d'Autriche. 1481, àla mort de cette princesse, les États de Flandre prennent la tutelle de sesenfants. Guerres de Maximilien contre la France. 1488, Maximilien pri-sonnier de ses sujets à Bruges. — Administration populaire de Philippe leBeau et de Charles-Quint. Charles complète les dix sept provinces desPays-Bas, par la réunion d’Utrecht et d'Over-Yssel, 1527, de Groningueet de Gueldre, 1543; il les met sous la protection du corps germanique, eten proclame l’indissolubilité, 1548. Vers la fin de son règne, il persécuteles protestants.—Sous Charles-Quint, prince flamand, les Flamands ontgouverné en Espagne, en Italie, en Allemagne; Philippe II, prince cas-tillan, entreprend de les soumettre aux lois et aux mœurs de l’Espagne. —Un des caractères les plus remarquables de la révolution des Pays-Bas, c’estque les insurgés offrent en vain de se soumettre à la France, à la brancheallemande de la maison d’Autriche, à l’Angleterre, et se décident enfin,faute d’un souverain, à rester en république. Élisabeth les refuse, dans l’o-pinion qu’indépendants ils résisteront mieux à l’Espagne ; elle ne prévoitpas que la Hollande va devancer l’Angleterre dans l’empire des mers et lecommerce du monde.—Division : 1° 1556-1567, Troubles qui préparent laguerre civile. 2°1568-1579, Guerre civile avant l'union d’Utrecht. 3 1579-1609, Suite de la guerre civile jusqu’à la trêve ; l 'union d'Utrecht donneaux insurgés du nord le caractère de nation ; la victoire leurest assurée parla diversion des Espagnols enFrance.—1556-1567.1556, Avénementde Phi-lippe II. Nouveaux évêchés, persécution des Protestants, inquisition, séjour