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d’Irlande donna au Parlement l’occasion de s’emparer dupouvoir militaire ; les Catholiques irlandais s’étaient partoutsoulevés contre les Anglais établis parmi eux, et avaient faitpartout main basse sur leurs tyrans, invoquant le nom dela reine, et déployant une fausse commission du roi. Char-les, poussé à bout par une menaçante remontrance, se ren-dit lui-même à la Chambre pour arrêter cinq membres desCommunes. Il échoua dans ce coup d’État, et sortit de Lon-dres pour commencer la guerre civile [11 janvier 1642 1 ],
Le parti du Parlement avait l’avantage de l’enthousiasmeet du nombre : il avait la capitale, les grandes villes, lesports, la flotte. Le rpi avait la plus grande partie de la no-blesse , plus exercée aux armes que les troupes parlemen-taires. Dans les comtés du nord et de l’ouest, les Royalistesdominaient; les Parlementaires, dans ceux de l’est, du cen-tre et du sud-est, les plus peuplés et les plus riches. Cesderniers comtés, contigus les uns aux autres, formaientcomme une ceinture autour de Londres.
Le roi marcha bientôt sur la capitale; mais la bataille in-décise de Edgc-Hill sauva les Parlementaires. Ils eurent letemps de s’organiser- Le colonel Cromwell forma, dans lescomtés de l’est, des escadrons de volontaires, qui opposè-rent l’enthousiasme religieux aux sentiments d’honneur quianimaient les Cavaliers. Le Parlement vainquit encore àNewbury, et s’unit avec l’Écosse par un covenant solennel[1643]. Les intelligences du roi avec les Montagnards dunord et avec les Catholiques irlandais accélérèrent cetteunion inattendue de deux peuples jusque-là ennemis. Onassurait qu’un grand nombre de papistes irlandais étaientmêlés aux troupes rappelées de leur île par le roi; que lesfemmes même armées de longs couteaux, et sous un accou-trement sauvage, avaient été vues dans leurs rangs. Le Par-lement ne voulut point recevoir les lettres de celui que le
1 La reine sollicitait pn asile en France, « Faut répondre à la rpined’Angleterre, écrivit le cardinal de Richelieu au résident de France,(ju’en pareille occasion, qui quitte sa placé la perd.» M. Màzure, Piècesjustifiiatives.