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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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foi avait convoqué à Oxford, et poussa la guerre avec unenouvelle vigueur. Lenthousiasme avait porté quelques fa-milles à se priver dun repas par semaine pour en offrir auParlement la valeur; une ordonnance convertit cette offreen une taxe obligatoire pour tous les habitants de Londreset des environs. Le neveu du roi, le prince Robert, fut dé-fait à Marston-Moor, après une lutte acharnée, par linvin-cible obstination des saints de larmée parlementaire, descavaliers de Cromwell, qui reçurent sur le champ de bataillele surnom de côtes de fer; ils auraient pu envoyer au Par-lement plus de cent drapeaux ennemis, si, dans leur en-thousiasme, ils ne les avaient mis en pièces pour en ornerleurs bonnets et leurs bras. Le roi perdit York et tout lenord. La reine se sauva en France [1644].

Ce désastre sembla un instant réparé. Le roi avait fait ca-pituler, dans le comté de Cornouailles, le comte dEssex,général du Parlement. Les bandes irlandaises avaient débar-qué en Ecosse, et Montrose, lun des plus vaillants Cava-liers , ayant paru tout à coup dans leur camp, en costumede montagnard, avait gagné deux batailles, soulevé les clansdu nord, et semé leffroi jusquaux portes dEdimbourg.Déjà le roi marchait sur Londres; le peuple fermait les bou-tiques, priait et jeûnait, lorsquon apprit quil avait été dé-fait à Ncwbury (pour la seconde fois). Les Parlementairesavaient fait des prodiges : à la vue des canons quils avaientperdus naguère dans le comté de Cornouailles, ils se préci-pitèrent sur les batteries royales, ressaisirent leurs pièces,et les ramenèrent en les embrassant avec transport.

Alors la mésintelligence éclata entre les vainqueurs. Lepouvoir échappa aux Presbytériens pour passer aux Indé-pendants. Ce dernier parti était un mélange denthousiastes,de philosophes et de libertins; mais il tirait son unité dunprincipe, le droit à la liberté de croyance. Malgré leurs cri-mes et leurs rêveries, ce principe devait leur donner la vic-toire sur des adversaires moins énergiques et moins consé-quents. Pendant que les Presbytériens croient préparer lapaix par de vaines négociations avec le roi, les Indépendants