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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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et songea à soustraire le roi à larmée, comme il lavait en-levé au Parlement. Charles, épouvanté par des avis mena-çants, séchappa, et passa dans lîle de Wight, il se trouvaà la disposition de Cromwell.

La ruine du roi fut le sceau de la réconciliation de Crom-well avec les républicains. Il avait été forcé de réprimerdans larmée la faction anarchique des Niïselears ; il avaitsaisi un dentre eux au milieu dun régiment, et lavait faitsur-le-champ condamner et exécuter en présence de lar-mée ; mais il navait garde de se brouiller pour toujoursavec un parti si énergique.

Il les regagna en battant les Écossais, dont larmée venaitseconder la réaction en faveur du roi. Le Parlement dAn-gleterre, effrayé dune victoire si prompte, qui devait tour-ner au profit des Indépendants, se hâta de négocier de nou-veau avec le roi. Pendant que Charles dispute avec lesdéputés du Parlement et repousse avec loyauté les moyensdévasion que ses serviteurs lui préparent, larmée le faitenlever de lîle de Wight, et puitjb le Parlement. Le colo-nel Pride, la liste des membres proscrits à la main, occupela porte des Communes à la tête de deux régiments, et re-pousse outrageusement ceux qui persistent à réclamer leurdroit. Dès lors, le parti des Indépendants fut le maître,lenthousiasme des fanatiques monta au comble C Le roi

pliquât sans détour : la discussion séchauffait. Ludlow, entre autres,pressait vivement Cromwel de se prononcer; car ils voulaient, dit-il,connaître leurs amis; Cromwel éludait, ricanait et, poussé de plus enplus, se tirant enfin dembarras par une bouffonnerie, il gagna la porte dela chambre etsortitbrusquement en jetant à la tête de Ludlow un coussinque celui-ci lui renvoya sur le champ avec plus dhumeur. (Guizot, t. n,pag. 3110 Ludlow comprit plus tard , en voyant agir Cromwell, que,dès lépoque de cette conversation, il méditait la tyrannie, et quil avaitcherché à lui tâter le pouls. (Yillernain, tom. 1er, pag- 125).

1 Hugh Peters, chapelain de Fairfax, disait aux généraux en prêchhntdevant les débris des deux Chambres : « Comme Moïse, vous êtes desli-« nés à tirer le peuple de la servitude de lÉgypte ; comment saccomplira« ce dessein? cest ce qui ne ma pas encore été révélé.)) Il mit sa têtedans ses mains, se baissa sur un coussin placé devant lui, et se relevanttout à coup ; «Voici, voici maintenant la révélation! je vais vous eu