( 175 )
et songea à soustraire le roi à l’armée, comme il l’avait en-levé au Parlement. Charles, épouvanté par des avis mena-çants, s’échappa, et passa dans l’île de Wight, où il se trouvaà la disposition de Cromwell.
La ruine du roi fut le sceau de la réconciliation de Crom-well avec les républicains. Il avait été forcé de réprimerdans l’armée la faction anarchique des Niïselears ; il avaitsaisi un d’entre eux au milieu d’un régiment, et l’avait faitsur-le-champ condamner et exécuter en présence de l’ar-mée ; mais il n’avait garde de se brouiller pour toujoursavec un parti si énergique.
Il les regagna en battant les Écossais, dont l’armée venaitseconder la réaction en faveur du roi. Le Parlement d’An-gleterre, effrayé d’une victoire si prompte, qui devait tour-ner au profit des Indépendants, se hâta de négocier de nou-veau avec le roi. Pendant que Charles dispute avec lesdéputés du Parlement et repousse avec loyauté les moyensd’évasion que ses serviteurs lui préparent, l’armée le faitenlever de l’île de Wight, et pui’tjb le Parlement. Le colo-nel Pride, la liste des membres proscrits à la main, occupela porte des Communes à la tête de deux régiments, et re-pousse outrageusement ceux qui persistent à réclamer leurdroit. Dès lors, le parti des Indépendants fut le maître,l’enthousiasme des fanatiques monta au comble C Le roi
pliquât sans détour : la discussion s’échauffait. Ludlow, entre autres,pressait vivement Cromwel de se prononcer; car ils voulaient, dit-il,connaître leurs amis; Cromwel éludait, ricanait et, poussé de plus enplus, se tirant enfin d’embarras par une bouffonnerie, il gagna la porte dela chambre etsortitbrusquement en jetant à la tête de Ludlow un coussinque celui-ci lui renvoya sur le champ avec plus d’humeur. (Guizot, t. n,pag. 3110 — Ludlow comprit plus tard , en voyant agir Cromwell, que,dès l’époque de cette conversation, il méditait la tyrannie, et qu’il avaitcherché à lui tâter le pouls. (Yillernain, tom. 1er, pag- 125).
1 Hugh Peters, chapelain de Fairfax, disait aux généraux en prêchhntdevant les débris des deux Chambres : « Comme Moïse, vous êtes desli-« nés à tirer le peuple de la servitude de l’Égypte ; comment s’accomplira« ce dessein? c’est ce qui ne m’a pas encore été révélé.)) Il mit sa têtedans ses mains, se baissa sur un coussin placé devant lui, et se relevanttout à coup ; «Voici, voici maintenant la révélation! je vais vous eu