CHAPITRE XIII.
L'Orient et le Nord au quinzième siècle.
§ I. — Turquie. Hongrie, 1566-1648.
Le règne de Soliman le Magnifique avait été l’apogéede la grandeur ottomane. Sous lui, les Turcs ne furent pasmoins redoutables sur terre que sur mer; ils entrèrent dansle système de l’Europe par leur alliance avec la Francecontre la maison d’Autriche. Soliman essaya de donner unelégislation à ses peuples; il réunit les maximes et ordon-nances de scs prédécesseurs, remplissant les lacunes etfixant la hiérarchie civile. Il embellit Constantinople en ré Ltablissant l’ancien aqueduc , dont l’eau se partage en huitcents fontaines; il fonda la mosquée Souleimanieh, qui ren-ferme quatre collèges, un hospice pour les pauvres, un hô-pital pour les malades, une bibliothèque de deux millemanuscrits. La langue turque s’ennoblit par le mélange del’arabe et du persan; Soliman lui-même faisait des vers ences langues. Bans sa vieillesse, le sultan fut entièrementgouverné par Rouschen (Roxelane', qu’il avait épousée, etqui lui fit mettre à mort ses enfants d’un premier lit. L’Em-pire, épuisé par tant de guerres, sembla vieillir avec lui sousl’influence d’un gouvernement de sérail. Soliman en préparala décadencé en ôtant le commandement des armées auxmembres de la famille impériale.
Sous son indolent successeur, Sélim II [1566-74], lesTurcs enlevèrent Chypre aux Vénitiens, mal secondés parl’Espagne ; mais ils furent défaits dans le golfe de Lépante