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par les flottes combinées de Philippe II, de Venise et dupape, sous les ordres de D. Juan d’Autriche. Depuis cetéchec, les Turcs avouèrent que Dieu, qui leur avait donnél’empire de la terre, avait laissé celui de la mer aux infi-dèles.
Sous Amurat III, Mahomet III et Achmet I er [1574-1617], les Turcs soutinrent, avec des succès divers, de lon-gues guerres contre les Persans et les Hongrois. Les janis-saires, qui avaient troublé de leurs révoltes les règnes deces princes, mirent à mort leurs successeurs Mustapha etOthon [1617-23]. L’Empire se releva sous Amurat IVl’intrépide, qui occupa au dehors l’esprit turbulent des ja-nissaires, prit Bagdad et intervint dans les troubles del’Inde. Sous l’imbécille Ibrahim [1645-191, les Turcs, sui-vant toujours l’impulsion donnée par Amurat, enlevèrentCandie aux Vénitiens.
Hongrie. — Ce royaume était partagé entre la maisond’Autriche et les Turcs, depuis 1562. De ce partage résul-tait une guerre continuelle. La suzeraineté de la Transyl^-vanie était une autre cause de guerre entre l’Autriche etla Porte. — Dans l'intérieur, la Hongrie n’était pas plustranquille. Les princes autrichiens, espérant augmenterleur pouvoir en ramenant la Hongrie à une croyance uni-forme, persécutaient les protestants et violaient les privi-lèges de la nation. Les Hongrois se soulevèrent sous Ro-dolphe II, Ferdinand II et Ferdinand III; les princes deTransylvanie, Étienne Botschkaï, Betlem Gabor, GeorgesRagotzi, se donnèrent successivement pour chefs aux mé-contents. Par les pacifications de Vienne [1606] et de Lintz[1645]; par les décrets des diètes d’OEdimbourg [1622]et de Presbourg [1647], les rois de Hongrie furent forcésd’accorder l’exercice public de la religion protestante, etde respecter les privilèges nationaux.