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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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§ II. — Découvertes et établissements des Portugais.

1,’Infasit Don lïcnri encourage les navigateurs — Découvertes (le Madère,des Açores, du Congo, 1412-1484, du Cap de Îionne-Espérancc, 1486.

— Voyage de Vasco de Gaina, 1497-1498. — Découverte du Brésil,IrOO. — Ahnéida et Albnruienjuc, 1505-1515. —Soumission de Ccy-lan. 1518. — Premières relations avec la dune et le Japon, 1517-1512.

— Décadence des colonies portugaises. — Ataide et Jean de Castro,1545-1572. — Domination des Espagnols, 1582.

Il appartenait au peuple le plus occidental de l’Europe decommencer cette suite de découvertes qui ont étendu lacivilisation européenne sur tout le monde. Les Portugais,resserrés par les puissances de l’Espagne et toujours enguerre avec les Maures, sur lesquels ils avaient conquis leurpatrie, devaient tourner leur ambition du côté de l’Afrique.Après cette croisade de plusieurs siècles, les idées des vain-queurs s’agrandirent : ils conçurent le projet d’aller cher-cher de nouveaux peuples infidèles pour les subjuguer etles convertir. Mille vieux récits enflammaient la curiosité,la valeur et l’avarice : ou voulait voir ces mystérieusescontrées où la nature avait prodigué les monstres, où elleavait semé l’or à la surface de la terre. L’infant don Henri,troisième'fils de Jean I er , seconda l’ardeur de la nation. Ilpassa sa vie à Sagres, près du cap de Saint-Yincent; là, lesyeux fixés sur les mers du midi, il dirigea les audacieuxpilotes qui visitèrent les premiers ces parages inconnus. Lecap Non, borne fatale des navigateurs antiques, avait déjàété franchi; on avait trouvé Madère [1412-13]. On passaencore le cap Bajador, le cap Vert; on découvrit les Aço-res [1448]; on franchit cette ligne redoutable où l’on croyaitque l’air brûlait comme le feu. Lorsqu’on eut pénétré audelà du Sénégal, on vit avec étonnement que ies hommes,de couleur cendrée au nord de ce fleuve, devenaient entic-