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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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j rement noirs au midi. Lon aperçut, en arrivant au Congo,' un nouveau ciel et de nouvelles étoiles [1484]. Mais ce quiencouragea plus puissamment lesprit de découvertes, cestlor que lon avait trouvé en Guinée.

On commença alors à moins mépriser les récits des an-ciens Phéniciens, qui prétendaient avoir fait le tour delAfrique, et lon espéra quen suivant la même route, onpourrait arriver aux Indes orientales. Pendant que le roiJean II envoyait par terre deux gentilshommes aux Indes(Covillam et Payva), Barthélemi Diaz touchait le promon toire qui borne lAfrique au sud, et le nommait le cap desTempêtes; mais le roi, sûr dès lors de trouver la route desIndes, lappela le cap de Bonne-Espérance [I486].

Cest alors que la découverte du Nouveau-Monde vintétonner les Portugais et redoubler leur émulation. Priais lesdeux nations auraient pu se disputer lempire de la mer; on> recourut au pape. Alexandre YI divisa les deux nouveauxmondes : tout ce qui était à lorient des Açores devait appar-tenir au Portugal; tout ce qui était à loccident fut donné àlEspagne. On traça une ligne sur le globe, qui marqua leslimites de ces droits réciproques, et quon appela la liguede marcation. Do nouvelles découvertes dérangèrent bien-tôt cette ligne.

Enfin le roi de Portugal, Emmanuel le Fortuné, donnale commandement dune flotte au fameux Yasco de Gama[1497-98]. 11 reçut du prince la relation du voyage de Co-villam; il emmena dix hommes condamnés à mort, quildevait risquer dans loccasion, et qui, par leur audace, pou-vaient mériter leur grâce. Il passa une nuit en prières dansla chapelle de la Vierge, et sapprocha de la sainte table laveille de son départ. Le peuple le conduisit tout en larmesau rivage. Un couvent magnifique a été fondé au lieu mêmed Gama était parti.

La flotte approchait du terrible cap, lorsque léquipage,épouvanté par cette mer orageuse, et redoutant la famine, serévolta contre Gama. llien ne put larrêter; il mit les chefsaux fers, et, prenant lui-même le gouvernail, il doubla la