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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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et embelli. Cet Inca, qui conquit tout le pays de Quito, avaitfait, par les mains de ses soldats et des peuples vaincus , ungrand chemin de cinq cents lieues de Cusco jusquà Quito, àtravers des précipices comblés et des montagnes aplanies.Des relais dhommes, établis de demi-lieue en demi-lieue,portaient les ordres du monarque dans tout son empire. Telleétait la police; et si on veut juger de la magnilicence, il suffitde savoir que le roi était porté, dans ses voyages, sur untrône dor quon trouva peser vingt-cinq mille ducats, et quela litière de lames dor sur laquelle était le trône, était sou-tenue par les premiers de létat.

« Pizarre attaqua cet empire avec deux cent cinquantefantassins, soixante cavaliers, et une douzaine de petits ca-nons. Il arriva par la mer du Sud à la hauteur de Quito pardelà léquateur. Atabalipa, fils dHuescar, régnait alors[1532]; il était vers Quito avec environ quarante mille sol-dats armés de flèches et de piques dor et dargent. Pizarrecommença, comme Cortez, en offrant à lInca lamitié deCharles-Quint. Quand larmée de iTnca et la petite troupecastillane furent en présence, les Espagnols voulurent en-core mettre de leur côté jusquaux apparences de la reli-gion. Un moine, nommé Yalverde, savance avec un inter-prète vers lInca, une Bible à la main, et lui dit quil fautcroire tout ce que dit ce livre. » LTnca lapprochant deson oreille, et nentendant rien, le jeta par terre, et le com-bat commença.

« Les canons, les chevaux et les armes de fer firent surles Péruviens le même effet que sur les Mexicains : on neutguère que la peine de tuer; et Atabalipa, arraché de sontrône dor par les vainqueurs, fut chargé de fers. Pour seprocurer une liberté prompte, il sobligea à donner autantdor quune des salles de ses palais pouvait en contenir jus-quà la hauteur de sa main, quil éleva en lair au dessusde sa tête. Chaque cavalier espagnol eut deux cent quarantemarcs en or pur; chaque fantassin en eut cent soixante. Onpartagea dix fois environ autant dargent dans la même pro-portion. Les officiers eurent des richesses immenses; et on