CHAPITRE XYI.
Des Lettres, des Arts et des Sciences, dans le quinzième siècle.Léon X et François I e '.
Le quinzième siècle a été celui de l’érudition 1 ; l’enthou-siasme de l’antiquité a fait abandonner la route ouverte siheureusement par Dante, Boccace et Pétrarque. Au seizièmesiècle, le génie moderne brille de nouveau pour ne pluss’éteindre.
La marche de l’esprit humain à cette époque présentedeux mouvements très-distincts : le premier favorisé parl’influence de Léon X et de François I er , est particulier àl’Italie et à la France; le second est Européen. — Le pre-mier, caractérisé par les progrès des lettres et des arts, estarrêté en France par les guerres civiles, ralenti en Italiepar les guerres étrangères; dans cette dernière contrée, legénie des lettres s’éteint sous le joug des Espagnols; maisl’impulsion donnée aux arts s’y prolonge jusqu’au milieudu siècle suivant. — Le second mouvement est le dévelop-pement d’un esprit audacieux de doute et d’examen. Dans lpdix-septième siècle, il doit être en partie arrêté par un re-tour aux croyances religieuses, en partie détourné vers lessciences naturelles; mais il reparaîtra au dix-huitième.
1 Sous le rapport de la culture des lettres, le quinzième siècle appar-tient tout entier au moyen-âge. Pour la moitié de ce siècle, voyez lePrécis de l’Bist. du moyen âge, par M. Desmichels.