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suada de s’affranchir de son ministre et de sa mère [1617].Concini fut assassiné; sa veuve, Léonora Gaiigaï, exécutéecomme sorcière. Leur vrai crime était le brigandage t et lavénalité. Luynes ne fit guère que continuer le ministère deConcini. Il avait un ennemi de plus, la mère du roi, quipar deux fois fit craindre une guerre civile. Les protestantsse montraient chaque jour plus menaçants. Ils réclamaientles armes à la main, l’exécution de ce dangereux édit deNantes qui laissait subsisterune république dans le royaume.Luynes les poussa à bout en réunissant le Béarn à la cou-ronne, et déclarant que dans cette province les biens ecclé-siastiques seraient rendus aux catholiques. C’est précisé-ment ce que l’empereur voulait faire en Allemagne, et cequi fut la cause principale dë la gueitre de Trente ans. Ri-chelieu s’y prit mieux plus tard. Il n’inquiéta point lesprotestants pour les biens usurpés, il ne toucha qu’à leursplaces fortes. Leur assemblée de La Rochelle en 1621, pu-blia une déclaration d'indépendance, partagea en huitcercles les sépt cents églises réformées de France, régla leslevées d’argent et d’hommes, en un mot, organisa la répu-blique protestante. Ils offraient cent mille écus par mois àLesdiguières pour qu’il se mit à leur tète et organisât leurarmée. Mais le vieux soldat ne voulut point à quatre-vingtsans quiiter sa petite royauté du Dauphiné, pour accepterla conduite de ce parti indisciplinable. Luynes, qui avait prisle commandement des armées, et le titre de connétable,échoua honteusement devant Montauban où il avait con-duit le roi. Il mourut dans cette campagne [1621].
Ce ne fut que trois ans après que la reine-mère parvint àintroduire au conseil sa créature, Richelieu [1624]. Le roiavait de l’antipathie pour cet homme, dans lequel il sem-blait pressentir un maître. La première pensée de Riche-lieu fut de neutraliser l’Angleterre, seule alliée des protes-tants de France. Cela fut fait de deux manières. D’une part,on soutint la Hollande, on lui prêta de l’argent, pour en ob-tenir des vaisseaux; de l'autre, le mariage du roi d’Angle-terre avec la belle Henriette de France, fille d’Henri IV,augmenta l’indécision naturelle de Charles I er et la défiance