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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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des Anglais pour son gouvernement. Le cardinal commencepar une alliance avec les Anglais et les Hollandais héréti-ques, et une guerre contre le pape; on put juger daprèscela quelle linerté d'esprit il portait dans la politique. Lepape, livré aux Espagnols, occupait pour eux le petit cantonsuisse de la Yalleline, leur gardant ainsi la porte des Alpes,par leurs possessions dItalie communiquaient avec lAu-triche. Richelieu achète des troupes suisses, les envoie con-tre celles du pape, et rend la Yalteline aux Grisons, nonsans sêtre assuré par une décision de la Sorhonne quilpeut le faire en sûreté de conscience. Après avoir battu lepape, il bat l'année suivante [1625] les protestants qui ontrepris les armes; il les bat et les ménage, ne pouvant en-core les écraser. Il était entravé dans lexécution de sesgrands projets par les plus méprisables intrigues. Desfemmes excitaient des jeunes gens, les domestiques de Gas-ton, duc d'Orléans, aiguillonnaient sa paresseuse ambition.Ils voulaient lui donner un appui au-dehors, en lui faisantépouser une princesse étrangère. Richelieu essaya dabordde les gagner. Il donna le bâton de maréchal à dOrnano,gouverneur de Gaston, lis senhardirent par, et complo-tèrent sa mort. Richelieu fit encore venir leur principalcomplice, le jeune Chalais, et nobtint rien. Alors, chan-geant de moyens, il livra Chalais à une commission du par-lement de Rretagne, et le fit décapiter [1626], Gaston, pen-dant quon coupait la tête à son ami, épousa, sans mot dire,mademoiselle de Montpensier. DOrnano enfermé à laBastille, y mourut bientôt, sans doute empoisonné. Les fa-voris de Gaston étaient sujets à mourir à la Rastille (Puylau-rens 1635). Telle était la politique du temps, telle nous lalisons dans le Machiavel du dix-septième siècle, GabrielNaudé, bibliothécaire de Mazarin. La devise de ces poli-tiques, telle que la donne Naudé, cest : Salus populi su-prema lex esto. Du reste, ils saccordent sur le choix desmoyens. Cest cette doctrine atroce qui inspira nos terro-ristes de 93. Elle semble navoir laissé à Richelieu, nidoutes ni remords. Comme il expirait, le prêtre lui demandasil pardonnait à ses ennemis : « Je nen ai jamais eu dau-