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très, répondit-il, que ceux de l’État. » Il avait dit, à uneautre époque, ces paroles qui font frémir : « Je n’ose rienentreprendre sans y avoir bien pensé; mais quand une fois j’aipris ma résolution, je vais droit à mon but, je renverse tout,je fauche tout, et ensuite je couvre tout de ma robe rouge. »
Effectivement, il marcha en ligne droite, avec une in-flexibilité terrible. Il supprima la charge de connétable.Celle d’amiral de France, ilia prit pour lui sous le titre desurintendant-général de la navigation. Ce titre voulait dired’avance : destructeur de La Rochelle. Sous prétexte d’é-conomie, il ordonna la réduction des pensions et la démoli-tion des forteresses. La forteresse du protestantisme, La Ro-chelle fut enfin attaquée. Un fat qui gouvernait le roid’Angleterre, le beau Ruckingham s’était déclaré solennel-lement amoureux de la reine de France; on lui ferma l’en-trée du royaume, et il fit déclarer la guerre à la France.L’Anglais promit des secours à La Rochelle, elle se sou-leva, et tomba sous la serre de Richelieu [1627-8). Ruckin-gham vint avec quelques mille hommes se faire battre dansl’île de Rhé. Charles I er eut ensuite bien d’autres affaires.Avec la fameuse pétition des droits [1628] commença larévolution d’Angleterre; Richelieu n’y fut rien moins qu’é-tranger. Cependant La Rochelle, abandonnée des Anglais,se vit isolée de la mer par une prodigieuse digue de quinzecents toises; on en distingue encore les restes à la merbasse Le travail dura plus d’un an, la mer emporta plusd’une fois la digue. Richelieu ne lâcha pas prise. L’Ams-terdam française, dont Coligni avait cru se faire le Guil-laume d’Orange, fut saisie dans ses eaux, et méditerrani-sée; isolée de son élément, elle ne fit plus que languir. Leprotestantisme fut tué dn même coup, au moins commeparti politique. La guerre traîna encore dans le Midi- Lefameux duc de Rohan lui-même finit par s’arranger pourcent mille écus.
Après avoir hrisé le parti protestant en France, Riche-lieu battit le parti catholique en Europe ; il força les Espa-gnols dans leur Italie où ils régnaient depuis Charles-Quint.Il trancha, par une vive et courte guerre, le nœud de la suc-