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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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çaise : « La reine est si bonne ! » Le Concini de cette nou-velle Marie de Médicis, fut un Italien de beaucoup desprit,le cardinal Mazarin. Son administration, aussi déplorableau-dedans quç glorieuse au-debors, fut troublée par la ri-dicule révolution de la Fronde, et couronnée par les deuxtraités de Westphalie et des Pyrénées; le premier est restéla charte diplomatique de lEurope jusquà la révolutionfrançaise Le bien,, le mal, cétait également lhéritage doRichelieu. Richelieu avait tendu à lexcès le ressort du gou-vernement; il se détendit tout naturellement sous Mazarin.Richelieu, ayant à rendre chaque jour quelque combat àmort, avait vécu en finances dexpédients tyranniques. Ilavait mangé le présent, lavenir môme, en tuant le crédit.Mazarin , recevant les choses en cet état, augmenta le dés-ordre, laissa prendre et prit lui-méme. Il laissait à sa mortdeux cents millions de biens. Il avait toutefois trop despritpour ne pas sentir le prix de lordre. Au lit de la mort, il dità Louis XIV, quil croyait sacquitter de tout envers lui, enlui donnant Colbert. Du reste, une partie de cet argent voléfut employé honorablement. Il envoya Gabriel Naudé partoute l'Europe pour acheter à tout prix des livres précieux,il forma ainsi son admirable bibliothèque Mazarine , et illouvrit au public. Ce fut la première bibliothèque publiqueà Paris. En môme temps il faisait donner à Descartes, re-tiré en Hollande, une pènsion de mille écus, quil lui fitpayer exactement.

Le nouveau règne fut inauguré par des victoires. Linfan-terie française prit pour la première fois sa place dans lemonde par la bataille de Rocroy [1643]. Cet événement estbien autre chose quune bataille, cest un grand fait social.La cavalerie est larme aristocratique, linfanterie larmeplébéienne. Lapparition de linfanterie est celle du peuple.Chaque fois quune nationalité surgit, linfanterie apparaît.Tel peuple, telle infanterie. Depuis un siècle- et demi quelEspagne était une nation, le fantassin espagnol régnait surles champs de bataille, brave sous le feu, se respectant lui-même, quelque, déguenillé quil fût, et faisant partout rcs-