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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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pérore. Peu à peu le bruit gagne. Cent mille âmes se met-tent à crier : « Liberté et Broussel I »

Les princes, les grands, le Parlement, le petit peuple, toutle monde se trouve daccord contre le Mazarin. La reine estobligée de sortir de Paris avec son (ils enfant. Ils couchent àSaint-Germain sur la paille. Cétait un mauvais temps pourles rois. La reine dAngleterre, réfugiée à Paris, restait l'hi-ver au lit, faute de bois. Cependant le Parlement lève destroupes, les procureurs montent à cheval, chaque portecochère fournit un laquais armé. Le vicomte de Turenne,qui était de l'intrigante maison de Bouillon, croit le mo-ment venu de recouvrer Sedan, et se fait un instant legénéral de la Fronde. Cet homme, froid et grave, faisaitaussi en cela sa cour à madame de Longueville ; tout géné-ral, tout chef de parti, tout vrai héros de roman ou dhis-toire, devait alors nécessairement avoir une dame de sespensées, et être amoureux.

Les Espagnols, qui entrèrent en France pour profiter decette crise (1649), réconcilièrent un moment les deux par-tis par la crainte. Condé, jusque- resté fidèle à la cour,sentit quon ne pouvait se passer de lui, et devint duneexigence insupportable. Cest alors que fut créé pour lui etles jeunes gens qui lenvironnaient le nom de petits maî-tres. Il se faisait marchander par les deux partis en mêmetemps; il fallut larrêter (1650). Ce fut un prétexte pourTurenne, qui venait de passer aux Espagnols, et qui dé-clara combattre pour sa délivrance. Le parti des princes,celui des frondeurs, se trouvant unis et soutenus de lEs-pagne, Mazarin dut céder. Il se mit de côté, laissa passerlorage; lannée suivante il revint, gagna Turenne, et essayaen vain de ramener le roi dans Paris (combat de la porteSaint-Antoine, 1652). Un an de plus, et la lassitude despartis étant devenue complète, ce furent les Parisiens eux-mêmes qui pressèrent le roi de revenir (1653). Les frondeurssétouffaient dans les antichambres de Mazarin. Condé et lesEspagnols furent battus par larmée royale, alors commandéepar Turenne. Mazarin, salliant sans scrupule avec la répu-