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blique d’Angleterre, avec Cromwell, accabla les Espagnols.Turenne gagna sur eux la bataille des Dunes ( 1658), quidonna Dunkerque à l’Anglais, et à la France la paix des Py-rénées (1659). Le traité de Westpkalie lui avait garanti sesbarrières de l’Artois, de l’Alsace et du Roussillon; celui desPyrénées lui donna de plus Gravelines, Landrccy, Thion-ville, Montmédy. Le jeune roi de France épousa l’infanteavec cinq cent mille écus de dot qui ne furent point payés.L’infante renonçait à toute succession aux états d’Espagne.Mazarin ne disputa pas; il prévit ce que vaudraient les re-nonciations (1659,.
11 y eut alors le plus complet triomphe de la royauté , leplus parfait accord du peuple en un homme qui se soit trouvéjamais. Richelieu avait brisé les grands et les protestants; laF ronde avait ruiné le Parlement en le faisant connaître. I! neresta debout sur la France qu’un peuple et un roi. Le pre-mier vécut dans le second; il ne pouvait vivre encore de savie propre. Quand Louis XIV dit : « L’Etat, c’est moi, » iln’y eut dans cette parole ni enflure , ni vanterie , mais lasimple énonciation d’un fait.
Le jeune Louis était tout à fait propre à jouer ce rôlemagnilique. Sa froide et solennelle figure plana cinquanteans sur la France avec la même majesté. Dans les trentepremières années, il siégeait huit heures par jour aux con-seils, conciliant les affaires avec les plaisirs, écoutant, con-sultant, mais jugeant lui-même. Ses ministres changeaient,mouraient; lui, toujours le même, il accomplissait les de-voirs, les cérémonies, les fêtes de la royauté, avec la régu-larité du soleil qu’il avait choisi pour emblème.
L’une des gloires de Louis XIV, c’est d’avoir gardé vingt-deux ans pour ministre l’un des hommes qui ont fait le pluspour la gloire de la France; je parle de Colbert. C’était lepetit-fils d’un marchand de laine de Reims, à l’enseigne duLong-velu ; un esprit quelque peu pesant et dur, mais so-lide, actif, invincible au travad. Il réunissait les attributionsde l’intérieur, du commerce, des finances, celles même dela marine qu’il plaça entre les mains de son fils; il ne lui