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Quelques reproches qu’on puisse faire à Louis XIV, cesont de belles justifications que de telles lettres. Joignez-yles Invalides, Dunkerque, et le canal des deux mers. Joignez-yencore Versailles. Ce prodigieux monument, auquel aucunpays du monde n’a rien à opposer, exprime dignementcette grandeur de la France, unifiée pour la première foisau dix-septième siècle. Ces merveilleux entassements deverdure et d’architecture, terrasse sur terrasse et bassinssur bassins, cette hiérarchie de bronzes, de marbres, de jetset de cascades échelonnés sur la montagne royale, depuisles monstres et les tritons qui rugissent au bas le triomphedu grand roi, jusqu’aux belles statues antiques qui couron-nent la plate-forme de la paisible image des dieux, il y adans tout cela une image grandiose de la monarchie elle-même. Ces eaux qui montent et descendent avec tant degrâce et de majesté expriment la vaste circulation socialequi eut lieu alors pour la première fois, la puissance et larichesse montant du peuple au roi, pour retomber du roi aupeuple, en gloire, en bon ordre, en sécurité. La charmanteLatone, en laquelle est l’unité du jardin, fait taire de quel-ques gouttes d’eau les insolentes clameurs du groupe quil’assiège; d’hommes ils deviennent grenouilles coassantesC’est la royauté triomphant de la Fronde.