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testante en lutte avec la France catholique, va s’ouvrir poufl’absorption commune du catholicisme, du protestantisme,de la liberté, de la morale, de Dieu et du monde, le gouffresans fond de Spinosa.
En attendant, Louis XIV règne en Europe. Le signe dela royauté , c’est la juridiction. Il veut que les puissancesreconnaissent les décisions de ses parlements. Les chambresde réunions interprètent le traité de Nimègue et réunissentles dépendances des places qui lui ont été cédées. L'unede ces dépendances n’était rien moins que Strasbourg[l 681].On hésite à obéir; il bombarde Luxembourg (1684). Il bom-barde Alger (1683), Tripoli (1685); il bombarde Gènes; ill’aurait écrasée dans ses palais de marbre, si le doge n’étaitvenu demander grâce à Versailles (1684). Il achète Casai,la porte de l’Italie : il bâtit Huningue, celle de la Suisse. Ilintervient dans l’Empire; il veut faire un électeur de Co-logne ( 1689). Il réclame au nom de sa belle-sœur, la duchessed’Orléans, une partie du Palatinat, invoquant dans cetteaffaire, comme dans celle de la Flandre, le droit civil contrele droit féodal. Les décisions de droit étaient soutenues parla force, l’Europe avait désarmé, et Louis XIV restait armé ;il portait sa marine à deux cent trente vaisseaux; vers lafin de son règne, ses armées montèrent à plus de quatrecent mille hommes.
À la même époque, la monarchie atteignait la plus hautecentralisation. Les deux obstacles furent brisés : la puissancepontificale et l’opposition protestante. Dès 1673,un éditavait déclaré tous les évêchés du royaume sujets à la régale.En 1682. une assemblée de trente-cinq évêques, dontBos-suet était l’âme, décida « que le pape n’a autorité que dansles choses spirituelles; que dans ces choses même les con-ciles généraux lui sont supérieurs, et que ses décisions nesont infaillibles qu’après que l’Église les a acceptées. » Lepape refusa dès lors des bulles à tous les évêques et abbésque le roi nomma, de sorte qu’en 1689 il y eut vingt-neufdiocèses en France dépourvus d’évêques. On parlait de faireun patriarche. En 1687, le pape ayant voulu abolir le droit