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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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ternel. Cest elle qui conseilla la plus odieuse mesure decette persécution, denlever les enfants à leurs parents pourles convertir. Les cris des mères ont monté au ciel.

La puissance de Louis XIV avait rencontré sa limite au-dehors dans lopposition protestante de la Hollande. Au-de-dans il la trouva dans la résistance des calvinistes. Désobéipour la première fois, le gouvernement montra une violencefarouche, qui nétait point dans lâme de Louis XIV. Lesvexations de tout genre, les confiscations, les galères, lesroues, les gibets, tout fut employé. Les dragons mis à dis-crétion chez les calvinistes aidaient les missionnaires à leurmanière. Le roi ne sut que la moindre partie des excès quifurent commis. Aussi lon eut beau fermer le royaume, con-fisquer les biens des fugitifs, envoyer aux galères ceux quifavorisaient leur évasion, lÈlatperdit deux cent mille sujets,selon dautres cinq cent mille. Ils échappèrent en foule, ilssétablirent en Angleterre, en Hollande, en Allemagne, sur-tout en Prusse. Ils furent désormais pour la France des en-nemis acharnés. Guillaume chargea plus dune fois les Fran-çais à la tète dun régiment français. 11 dut en grande partiele succès de la guerre dIrlande au vieux maréchal de Schom-berg, qui avait préféré sa croyance à sa patrie. La machineinfernale qui faillit faire sauter Saint-Malo en 1693, avaitété inventée par un réfugié.

Cest précisément à ce moment que la plupart des puis-sances européennes formèrent la ligue dAugsbourg (1686).Catholiques et protestants, Guillaume et Innocent XI, Suèdeet Savoie, Danemark et Autriche, Bavière, Saxe, Brande-bourg, tout le monde était daccord contre Louis XIV. Onlaccusait, entre autres choses, d avoir, par ses intelligencesavec les Hongrois révoltés, ouvert lAllemagne aux Turcs,et amené cette effroyable invasion, dont Vienne fut sauvépar Jean Sobieski. Louis XIV navait pour lui que le roidAngleterre, Jacques II; une révolution imprévue renversaJacques, et mit lAngleterre entre les mains de Guillaume-La seconde et définitive catastrophe des Stuarts, préparée de-puis si longtemps par lindigne gouvernement de CharlesII,