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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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En 1701, Catinat cède larmée au magnifique Villeroi,que le prince Eugène prend dans son lit à Crémone. Eugèneny gagna pas. Yilleroi fut remplacé par Vendôme, petit-fdsde Henri IV, et vrai soldat, avec les mœurs dune femme.Vendôme, comme son frère le grand-prieur, restait couchéjusquà quatre heures après midi. Cétait lun des plus jeunesgénéraux de Louis XIV ; il navait que cinquante ans. Lessoldats ladoraient, aussi pour ses mauvaises qualités. Il yavait peu dordre, de prévoyance, de discipline, dans cettearmée; mais beaucoup daudace et de gaîté. On réparaittout à force de courage.

Catinat commandait du côté de lAllemagne, et sous luiVillars. Celui-ci, impatient de la prudence de son chef, ga-gne témérairement la bataille de Fridlingen (1702'; puis,perçant dans lAllemagne, il gagne encore, malgré lélec-teur de Bavière, allié de Louis XIV, la bataille de Hochstedt(1703). Villars excitait lenthousiasme des soldats par sabravoure, ses vanteries, sa belle figure militaire. A Fridlin-gen, ils le proclamèrent maréchal de France sur le champde bataille.

La route de lAutriche était ouverte, lorsquon apprit quele duc de Savoie venait de prendre parti contre la France etlEspagne, contre ses deux gendres (1703). Jusquà cetteépoque, les alliés navaient eu aucun avantage signalé sur laFrance. Elle combattait pourtant sur toutes ses frontières etau-dedans, contre tout le monde et contre elle-même. Lescalvinistes des Cévennes, exaspérés par les rigueurs de lin-tendant Basville, étaient en armes depuis 1702. On envoyacontre eux, entre autres généraux, Villars et Berwick. Cedernier était un Stuart, un fils naturel de Jacques II, quidevint un des premiers tacticiens du siècle.

Villars était éloigné en Languedoc, Catinat retiré lorsquelarmée dAllemagne, confiée à MM. de Marsin et Tallard,éprouva à Hochstedt, sur le théâtre même de la victoire deVillars, une des plus cruelles défaites quait essuyées laFrance. Ils sétaient jetés à laveugle dans lAllemagne, surla route de Vienne, lorsque Marlborough et Eugène leur