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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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coupèrent le chemin. Les dispositions étaient faites de sortequindépendamment des morts, il y eut quatorze mille hom-mes qui se rendirent sans avoir pu combattre (1704). Villarsaccourut à temps pour couvrir la Lorraine, tandis que Ven-dôme gagnait lavantage sur Eugène à la sanglante affairede Cassano (1705. En 1706, Vendôme est remplacé parLa Feuillade en Italie. La France éprouve deux grandes dé-faites. Par celle de Turin, Eugène lui enlève lItalie entière;par celle de Ramillies, Marlborough lexpulse des Pays-Basespagnols.

En 1707, les alliés pénétrèrent en France par la Provence,en 1708 par la Flandre (défaite dOudenarde}. 1709 futune année terrible; dabord un hiver meurtrier, puis la fa-mine. La misère se fit sentir à tous. Les laquais du roi men-dièrent à la porte de Versailles, madame de Mainfenon man-gea du pain bis. Des compagnies de cavalerie tout entièresdésertaient enseignes déployées, pour gagner leur vie par lacontrebande. Les recruteurs faisaient la chasse aux hommes.Limpôt prenant toutes lesfçrmes pour atteindre le peuple,les actes de l'état civil furent taxés ; on paya pour naître etmourir. Les paysans, poursuivis dans les bois par les trai-tants, s'armèrent et prirent dassaut la ville de Castres. Le ,roi ne trouvait plus à emprunter à quatre cent pour cent;la dette monta, avant la mort de Louis XIV, à près de troismilliards.

Les alliés souffraient aussi. LAngleterre se ruinait pourruiner la France. Mais lEurope était conduite par deuxhommes qui voulaient la guerre, et cétait dailleurs untrop doux spectacle que lhumiliation de Louis XIV. Sesambassadeurs ne recevaient pour réponse que des proposi-tions dérisoires. Il fallait, dit-on, quil défit lui-même sonouvrage, quil détrônât Philippe V. Il descendit jusquà of-frir de largent aux alliés pour entretenir la guerre contreson petit-fils. Mais non, ils voulaient quil le chassât lui-même, quune armée française combattît un prince français.

Le vieux roi déclara alors quil se mettrait à la tête de sanoblesse, et quil irait mourir à la frontière. Il sadressa pour