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elle et pour la Hollande un traité de commerce désavanta-geux pour la France. Elle exigea la démolition de Dunker-que , et empêcha la France d’y suppléer par le canal deMardick. Elle entretint, et ce fut là le plus honteux, uncommissaire anglais pour s’assurer par ses yeux, si laFrance ne relevait pas les ruines de la ville de Jean Bart.« On va travailler, dit un contemporain à la démolition deDunkerque; on demande huit cent mille livres pour en dé-molir le tiers seulement. » Aujourd’hui encore on ne peutlire sans douleur et indignation la triste supplique adresséepar les habitants de Dunkerque à la reine d’Angleterre elle-même.
Telle fut la fin du grand règne. Louis XIV survécut peuau traité d’Utrecht (mort en 1715). Il avait vu presquetous ses enfants mourir en quelques années, le dauphin, leduc, la duchesse de Bourgogne, et un de leurs fils. Il nerestait dans ce palais désert qu’un vieillard presque octo-génaire, et un enfant de cinq ans. Tous les grands hommesdu règne avaient précédé, un nouvel âge commençait. Dansla littérature, comme dans la société, les ressorts allaient sedétendre. Cette époque de relâchement et de mollesse s’an-nonce de loin par le doux quiétisme de madame Guyon,qui réduit la religion à l’amour. Dans ses discours, l’habileet éloquent Massillon effleure le dogme, et s’attache à lamorale. Les hardiesses politiques de Fénélon appartienne'ntdéjà au dix-huitième siècle. t