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Rhin, et notre pauvre empereur de Bavière abandonné à lavengeance de l’Autriche.
Ce n’était pas là le compte du roi de Prusse. Marie-Thé-rèse, redevenue si forte, n’aurait pas manqué de lui repren-dre la Silésie. Il se met du côté de la France et de la Ba-vière, revient à la charge, entre en Bohème, s’assure de laSilésie par trois victoires, envahit la Saxe, et force l’impéra-trice et les Saxons de signer le traité de Dresde. Le Bava-rois étant mort, l’Autrichienne avait fait son époux empe-reur (François 1 er , 1745).
Cependant les Français avaient l’avantage en Italie. Se-condés par les Espagnols, le roi de Naples et les Génois, ilsétablissent l’infant don Philippe dans les duchés de Milan etde Parme. Aux Pays-Bas, sous le maréchal de Saxe, ils ga-gnent les batailles de Fontenoi (1745) et de Raueoux(1746).La premi re, tant célébrée, était perdue sans remède, si l’ir-landais Lally, inspiré par sa haine contre les Anglais, n’eûtproposé de rompre leur colonne avec quatre pièces de canon.Un courtisan adroit, le duc de Riche).eu, s’appropria l’idéeet la gloire du succès. L’Irlandais entra le premier dans lacolonne anglaise, l’épée à la main. La môme année, la F rancelançait sur l’Angleterre son plus formidable ennemi, le pré-tendant. Les Highlanders de l'Ecosse l’accueillirent, fondi-rent des montagnes avec un irrésistible élan, enlevant lescanons à la course, et démolissant les escadrons à coups depoignards. Il eût fallu que ces succès fussent soutenus par laFrance. Notre marine était réduite à rien. Lally obtint quel-ques vaisseaux, mais les Anglais gardaient la mer, ils empê-chèrent les Ecossais de recevoir aucun secours. Ils avaientsur les Écossais l’avantage du nombre, de la richesse, unebonne cavalerie, une bonne artillerie. Ils vainquirent à Cul-loden (1745-6).
Les Espagnols se retirent de l’Italie. Les Français ensont chassés. Ils avancent dans les Pays-Bas. L’Angle-terre craint pour la Hollande et y rétablit le stathoudérat.Lessuccèsde la Francecontre la Hollande servirent du moinsà décider la paix. Elle avait perdu sa marine, ses colonies ;