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et de la Russie, courir de l’une à l’autre et faire faeë détous côtés. C’est la secondé époque de l’art militaire. Lesineptes adversaires de Frédéric crurent qu’il devait tousses succès à la précision des manœuvres des soldats prus-siens, à leur habileté à faire l'exercice et à tirer cinq coupspar minute Frédéric avait certainement perfectionné lamachine-soldat. Cela pouvait s’imiter : le czar Pierre III, etle comte de Saint-Germain formèrent des automates guer-riers à coups de bâton. Ce qu’on n’imita pas, c’est la célé-rité de ses manœuvres, l’heureuse disposition de ses mar-ches, qui lui donnait une grande facilité de mouvoir, de con-centrer «les masses rapides, de les porter au défaut de l’ar-mée ennemie.
Dans cette chasse terrible que les grandes et grosses ar-mées des alliés faisaient à l'agile Prussien, on ne peut s’em-pêcher de remarquer l’amusante circonspection des tacti-ciens autrichiens, et la fatuité étourdie des grands seigneursqui conduisaient les armées de France. Le Fabius de l’Au-triche, le sage et pesant Daun, se bornait à une guerre deposition; il ne trouvait pas de camps assez forts, de mon-tagnes assez inaccessibles; Frédéric battait toujours ces ar-mées paralytiques.
D’abord, il se débarrassa des Saxons. Il ne leur fit pas demal, il les désarma seulement. Puis il frappa un coup enBohème. Repoussé, délaissé de l’armée anglaise qui convientà Closter-Scven de ne plus se battre, menacé par les Russesvainqueurs à Jœgerndorf, il passe er^Saxe, et y trouve lesFrançais et les impériaux combinés. Quatre armées entou-raient la Prusse. Il se croyait perdu, il voulait se tuer; ill’écrivit à sa sœur et à d’Argens. Il n’avait peur que d’unechose, c’est que, lui mort, le grand distributeur de la gloire,Voltaire, ne poursuivît son nom; il lui écrivit une épître,pour le désarmer ; ainsi Julien, blessé à mort, tira de sa robeet débita un discours qu’il avait composé pour cette circon-stance. « Pour moi, disait Frédéric,
Pour moi, menacé du naufrage,
Je dois, en affrontant l’orage,
Penser, vivre et mourir en roi.