SÛRETÉ , SANTÉ, SALUBRITÉ PUBLIQUES. 321
tous les peuples ont favorisé l’irrigation comme undes agents les plus propices au développement de laproduction des subsistances.
La France seule est restée pendant des siècles etest encore aujourd’hui singulièrement en arrièresous ce rapport. Sauf quelques contrées de nos fron-tières méridionales, où les relations des habitantsavec les Etats voisins ont fait connaître et ont in-troduit l’usage des irrigations, cet usage , si digned’intérêt, a été, jusqu’à ces dernières années, pres-que complètement négligé dans l’intérieur de notrepays. 11 a fallu trente ans de paix, et une augmen-tation continue de la population sur un territoire quine s’étend pas, pour que le législateur songeât àsubvenir, par le développement de la puissance pro-ductive du sol, à des besoins toujours croissants.
2. C’est dans ces vues que deux lois récentes ontapporté, en faveur de l’irrigation considérée commemesure d’utilité publique, deux modifications gravesà la propriété immobilière. L’une, établie par la loidu 29 avril 1845, accorde la faculté de conduire, àtravers les fonds intermédiaires, les eaux destinéesà l’irrigation. L’autre, établie par la loi du 11 juillet1847, accorde le droit d’appuyer sur la propriété duriverain opposé les ouvrages nécessaires à la prised’eau. On va présenter l’analyse de chacune de cesdeux lois.
o. Celle du 29 avril 1845, malgré la généralité deson titre (et cette observation est commune à la loidu 11 juillet 1847), ne contient aucun système d’en-I. 21