3o ÉVÉNEMENTS SUR LESQUELSpar des supplices recherchés; ïes églises étaient mi-ses en cendres par les réformés, les temples par lescatholiques ; les empoisonnements et les assassinatsn’étaient regardés que comme des vengeances d’en-nemis habiles.
Ou mit le comble à tant d’horreurs par la journéede la Saint-Barthélemi. Henri le grand, alors roi deNavarre, et dans une extrême jeunesse chef du partiréformé, dans le sein duquel il était né, fut attiréà la cour avec les plus puissants seigneurs du parti.On le maria.à la princesse Marguerite, sœur de Char-les IX. Ce fut au milieu des réjouissances de cesnoces , au milieu de la paix la plus profonde , etaprès les serments les plus solennels , que Catherinede IVIédicis ordonna ces massacres dont il faut per-pétuer la mémoire ( tout affreuse et tonte flétris-sante qu’elle est pour le nom français ), afin que leshommes, toujours prêts à entrer dans de malheu-reuses querelles de religion, voient à quel excès l’es-prit de parti peut enfin conduire.
On vit donc, dans une cour qui se piquait depolitesse, une femme célébré par les agréments del’esprit, et un jeune roi de vingt-trois ans, ordon-ner de saug- froid la mort de plus d’un million deleurs sujets. Cette même nation qui ne pense aujour-d’hui à ce crime qu’en frissonnant le commit avectransport et avec zele. Plus de cent mille hommesfurent assassinés par leurs compatriotes; et, sans lessages précautions de quelques personnages ver-tueux, comme le président Jeaunin, le marquis deSaint-Herem, etc., la moitié des Français égorgeaitl’autre.
Charles IX ne vécut pas long-temps après la Saint-Barthélemi. Son frere Henri III quitta le trône dela Pologne pour venir replonger la France dans denouveaux malheurs, dont elle ne fut tirée que par