EST L'ONDÉE LA HKNRIADK. 3iHenri IV, si justement surnommé le Grand par lapostérité, qui seule peut donner ce titre.
Henri III, en revenant en France, y trouva deuxpartis dominants. L’un était celui des réformés, re-naissant de sa cendre, plus violent que jamais , etayant à sa tête le même Henri le grand, alors roide Navarre. L’autre était celui de la Ligue, factionpuissante, formée peu à peu par les princes de Guise,encouragée par les papes, fomentée par l’Espagne,s’accroissant tous les jours par l’artifice des moines,consacrée en apparence par le zele de la religion ca-tholique, mais ne tendant qu’à la rébellion. Sonchef était le dnc de Guise, surnommé le Balafré,prince d’une réputation éclatante, et qui, ayant plusde grandes qualités que de bonnes, semblait né pourchanger la face de l’état dans ce temps de troubles.
Henri III, au lieu d’accabler ces deux partis sousle poids de l’autorité royale, les fortifia par sa fai-blesse ; il crut faire un grand coup de politiqueen se déclaraut le chef de la ligue, mais il n’en futque l’esclave. II fut forcé de faire la guerre pour lesintérêts du duc de Guise, qui le voulait détrôner,contre le roi de Navarre sou beau-frere, son héri-tier présomptif, qui ne pensait qu’à rétablir l’au-torité royale, d’autant plus qu’en agissantpour HenriIII, à qui il devait succéder, il agissait pour lui-même.
L’armée que Henri IÏI envoya contre le roi sonbeau-frere fut battue à Coulras; son favori Joyeusey fut tué. Le Navarrois ne voulut d’autre fruit desa victoire que de se réconcilier avec le roi. Toutvainqueur qu’il était, i.l demanda la paix, et le roivaincu n’osa l’accepter, tant il craignait le duc deGuise et la Ligue. Guise dans ce temps-là même ve-nait de dissiper une armée d’Allemands. Ces succèsdu Balafré humilièrent encore davantage le roi de