CHANT I. 3q
Rome, qui sans soldats porte en tous lieux la guerre.Aux mains des Espagnols a remis son tonnerre :Sujets , amis, parents, tout a trahi sa foi;
Tout me fuit, m’abandonne, ou s’arme contre moi;Et l’Espagnol avide, enrichi de mes pertes,
Tient en fonle inonder mes campagnes désertes.
Contre tant d’ennemis ardents à m’outrager,
Dans la France à mon tour appelons l’étranger :
Des Anglais en secret gagnez l’illustre reine.
.Te sais qu’entre eux et nous une immortelle haineNous permet rarement de marcher réunis,
Que Londre est de tout temps l’émule de Paris :Mais, après les affronts dont ma gloire est flétrie,
Je n’ai plus de sujets, je n’ai plus de patrie.
Je hais, je veux punir des peuples odieux :
Et quiconque me venge est Français à mes yeux.
Je n’occuperai point dans un tel ministèreDe mes secrets agents la lenteur ordinaire ;
Je n’implore que vous : c’est vous de qui la voixPeut seule à mon malheur intéresser les rois.
Allez en Albion ; que votre renomméeY parle en ma défense , et ra’y donne une armée.
Je veux par votre bras vaincre mes ennemis ;
Mais c’est de vos vertus que j’attends des amis.
Il dit; et le héros, qui, jaloux de sa gloire ,Craignait de partager l’honneur de la victoire ,Sentit, en l’écoutant, une juste douleur.
Il regrettait ces temps si chers à son grand cœur,Où, fort de sa vertu, sans secours, sans intrigue,Lui seul avec Condé faisait trembler la ligue.
Mais il fallut d’un maître accomplir les desseins :
Il suspendit les coups qui partaient de ses mains 5