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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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40 LA HENKIADE,

lit, laissant ses lauriers cueillis sur ce rivage,

A partir de ces lieux il força son courage.

Les soldats étonnés ignorent son dessein ;

Et tous de son retour attendent leur destin.

Il marche. Cependant la ville criminelleLe croit touj ours présent, prêt à fondre sur elle ;

Et son nom, qui du trône est le plus ferme appui,Semait encor la crainte, et combattait pour lui.

Déjà des Neustriens il franchit la campagne :

De tous ses favoris, Mornay seul l’accompagne,Mornay, son confident, mais jamais son flatteur;Trop vertueux soutien du parti de l’erreur ;

Qui, signalant toujours son zele et sa prudence,Servit également son église et la France ;

Censeur des courtisans, mais à la cour aimé ;

Fier ennemi de Rome, et de Rome estimé.

A travers deux rochers où la mer mugissanteTient briser en courroux son onde blanchissante,Dieppe aux yeux du héros offre son heureux port.Les matelots ardents s’empressent sur le bord :

Les vaisseaux, sous leurs mains fiers souverains desondes,

Etaient prêts à voler sur les plaines profondes ;L’impétueux borée, enchaîné dans les airs,

Au souffle du zéphyr abandonnait les mers :

On leve l’ancre, on part, on fuit loin de la terre.

On découvrait déjà les bords de l’Angleterre:L’astre brillant du jour à l’instant s’obscurcit;

L’air siffle, le ciel gronde, et Fonde au loin mugit ;Les vents sont déchaînés sur les vagues émues :

La foudre étincelante éclate dans les nues ;

Et le feu des éclairs* et l’abyme des flots,