CHANT I. 4*
Montraient par-tout la mort aux pâles matelots.
Le héros, qu’assiégeait une mer en furie,
Ne songe en ces dangers qu’ahx maux de sa patrie :Tourne ses yeux vers elle, et, dans ses grands desseins,Semble accuserles vents d’arrêter ses destins.
Tel, et moins généreux, aux rivages d’Epire,Lorsque de l’univers il disputait l’empire ,
Confiant sur les flots aux aquilons mutinsLe destin de la terre et celui des Romains ,
Défiant à la fois et Pompée et Neptune,
César à la tempête opposait sa fortune.
Dans ce même moment le Dieu jde l’univers ,
Qui vole sur les vents, qui soulevé les mers,
Ce Dieu dont la sagesse ineffable et profondeForme, éleve, et détruit les empires du monde,
De son trône enflammé qui luit au liant des cieux,Sur le héros français daigna baisser les yeux.
Il le guidait lui-même. Il ordonne aux oragesDe porter le vaisseau vers ces prochains rivagesOù Jersey semble aux yeux sortir du sein des flots :Là, conduit par le ciel, aborda le héros.
Non loin de ce rivage, un bois sombre et tranquilleSous des ombrages frais présente un doux asyle :
Un rocher, qui le cache à la fureur des flots,
Défend aux aquilons d’en troubler le repos :
Une grotte est auprès , dont la simple structureDoit tous ses ornements aux mains de la nature.
Un vieillard vénérable avait, loin de la cour,Cherché la douce paix dans cet obscur séjour.
Aux humains inconnu, libre d’inquiétude,
C’est là qaede lui-même il faisait son étude ;
C’est là qu’il regrettait ses inutiles jours,