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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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44 LA HENRIADE.

Lorsqu’en un siégé horrible, et célébré à jamais,Tout un peuple étonné vivra de vos bienfaits,

Ces temps de vos états iiniront les miseres ;

Vous lèverez les yeux vers le Dieu de vos peres ;Tous verrez qu'un cœur droit peut espérer en lui.Allez: qui lui ressemble est sûr de son appui.

Chaque mot qu’il disait était nn trait de flammeQui pénétrait Henri jusqu’au fond de son ame.

Il se crut transporté dans ces temps bienheureuxOù le Dieu des humaius conversait avec eux ;

Où la simple vertu , prodiguant les miracles,Commandait à des rois, et rendait des oracles.

Il quitte avec regret ce vieillard vertueux :

Des pleurs, en l’embrassant, coulèrent de ses yeuxEt, dès ce moment même, il entrevit l’auroreDe ce jour qui pour lui ne brillait pas encoreMornay parut surpris, et ne fut point touche îD ieu, maître de ses dons, de lui s’était caché.‘Vainement sur la terre il eut le nom de sage;

Au milieu des vertus l’erreur fut son partage.Tandis que le vieillard, instruit par le Seigneur,Entretenait le prince, et parlait à son cœur,

Les vents impétueux à sa voix s’appaiserent ;

Le soleil reparut; les ondes se calmèrent.

Bientôt jusqu’au rivage il conduisit Bourbon:

Le héros part, et vole aux plaines d’Albion.

En voyant l’Angleterre, en secret il admireLe changement heureux de ce puissant empire ,Où l’éternel abus de tant de sages loisJ'it long-temps le malheur et du peuple et des rois.Sur ce sanglant théâtre où cent héros périrent,

Sur ce trône glissant dont cent rois descendirent,