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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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CHANT I.

Une femme, â ses pieds enchaînant les destins,

De l’éclat de son régné étonnait les humains.

C’était Elisabeth ; elle dont la prudenceDe l’Europe à son choix lit pencher la balance,

Et fit aimer son j oug à l’Anglais indomté,

Qui ne peut ni servir, ni vivre en liberté.

Ses peuples sous son régné ont oublié leurs pertes ;De leurs troupeaux féconds leurs plaines sont cou-vertes ,

Les guérets de leurs blés, les mers de leurs vaisseaux :Ils sont craints sur la terre, ils sont rois sur les eaux ;Leur flotte impérieuse, asservissant NeptuneDes bouts de l’univers appelle la fortune :

Londre, jadis barbare, est le centre des arts,

Le magasin dn monde, et le temple de Mars.

Aux murs de Westminster on voit paraître ensembleTrois pouvoirs étonnes du nœud qui les rassemble,Les députés du peuple, et les grands, et le roi,Divisés d’intérêt, réunis par la loi;

Tous trois, membres sacrés de ce corps invincible,Dangereux à lui-même, à ses voisins terrible.Heureux, lorsque le peuple, instruit dans son devoir,k Respecte, autant qu’il doit, le souverain pouvoir J

Plus heureux, lorsqu’un roi, doux, juste et politique,Respecte, autant qu’il doit, la liberté publique IAh! s’écria Bourbon, quand pourront les FrançaisRéunir, comme vous , la gloire avec la paix ?

Quel exemple pour vous, monarques de la terre !Une femme a fermé les portes de la guerre ;

Et, renvoyant chez vous la discorde et l’horreur,

4 D’un peuple qui l’adore elle a fait le bonheur.

Cependant d arrive à cette ville immense,