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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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CHANT II. 5~

'lédicis, en pleurant, me reçut dans ses bras ,

Me prodigua long-temps des tendresses de mere,Assiéra Coligny d’une amitié sineere ,

Voulait par ses avis se régler désormais,

L’ornait de dignités, le comblait de bienfaits,Montrait 4 tous les miens, séduits par l'espérance,Des faveurs de son fils la flatteuse apparence.

Hélas ! nous espérions en jouir plus long-temps îQuelques uns soupçonnaient oes perfides présents :Les dons d’tm ennemi leur semblaient trop à craindre.Plus ils se défiaient, pins le roi savait feindre.

Dans v'ombre du secret, depuis peu Médicis-A la fourbe, au parjure,avait formé son fils,Façonnait aux forfaits ce cœur jeune et facile;

Et le malheureux prince, à ses leçons docile,

Par son penchant féroce à les suivre excité ,

Dans sa coupable école avait trop profité.

Enfin, pour mieux cacher cet horrible mystère,

Il me donna sa sœur,il m’appela son frere.

O nom qui m’as trompé i vains serments î nœud fatal lHymen, qui de nos maux fus le premier signa] îTes flambeaux, que du ciel alluma la colcre,Eclairaient à mes veux le trépas dema mere.

Je ne suis point injuste, et je ne prétends pasA Médicis encore imputer son trépas :

J’écarte des soupçons peut-être légitimes,

Et je n’ai pas besoin de lui chercher des crimes.

Ma mere enfin mourut. Pardonnez à des plenrsQu’un souvenir si tendre arrache à mes douleurs.Cependant tout s’apprête, et l’heure est arrivéeQu’au, fatal dénouement la reine a réservée.

Le signal est donné «ans tumulte et sans bruit: