CHANT II. 5~
'lédicis, en pleurant, me reçut dans ses bras ,
Me prodigua long-temps des tendresses de mere,Assiéra Coligny d’une amitié sineere ,
Voulait par ses avis se régler désormais,
L’ornait de dignités, le comblait de bienfaits,Montrait 4 tous les miens, séduits par l'espérance,Des faveurs de son fils la flatteuse apparence.
Hélas ! nous espérions en jouir plus long-temps îQuelques uns soupçonnaient oes perfides présents :Les dons d’tm ennemi leur semblaient trop à craindre.Plus ils se défiaient, pins le roi savait feindre.
Dans v'ombre du secret, depuis peu Médicis-A la fourbe, au parjure,avait formé son fils,Façonnait aux forfaits ce cœur jeune et facile;
Et le malheureux prince, à ses leçons docile,
Par son penchant féroce à les suivre excité ,
Dans sa coupable école avait trop profité.
Enfin, pour mieux cacher cet horrible mystère,
Il me donna sa sœur,il m’appela son frere.
O nom qui m’as trompé i vains serments î nœud fatal lHymen, qui de nos maux fus le premier signa] îTes flambeaux, que du ciel alluma la colcre,Eclairaient à mes veux le trépas dema mere.
Je ne suis point injuste, et je ne prétends pasA Médicis encore imputer son trépas :
J’écarte des soupçons peut-être légitimes,
Et je n’ai pas besoin de lui chercher des crimes.
Ma mere enfin mourut. Pardonnez à des plenrsQu’un souvenir si tendre arrache à mes douleurs.Cependant tout s’apprête, et l’heure est arrivéeQu’au, fatal dénouement la reine a réservée.
Le signal est donné «ans tumulte et sans bruit: