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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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LA HE^RIADE.

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.Te croissais sous ses yeux ; et mou jeune courageFit long-temps de la guerre un dur apprentissage.

Il m’instruisait d’exemple au grand art des héros :

Je voyais ce guerrier, blanchi dans les travaux,

Soutenant tout le poids de la cause communeEt contre Médicis et contre la fortune;

Chéri dans son parti, dans l’autre respecté,

Malheureux quelquefois, mais toujours redouté ;

Savant dans les combats, savant dans les retraites;

Plus grand, plus glorieux, plus craint dans ses dé-faites,

Que Dunois ni Gaston ne l’ont jamais été .. l

Dans le cours triomphant de leur prospérité.

Après dix ans entiers de succès et de pertes,

Médicis, qui voyait nos campagnes couvertesD’un parti renaissant qu’elle avait cru détruit,

Lasse enfin de combattre et de vaincre sans fruit,

Voulut, sans plus tenter des efforts inutiles ,

Terminer d’un seul coup les discordes civiles.

La cour de ses faveurs nous offrit les attraits ;

Et, n’ayant pu nous vaincre, on nous donna la paix.

Quelle paix, juste Dieu, Dieu vengeur que j’atteste!

Que de sang arrosa son olive funeste !

Ciel! faut-il voir ainsi les maîtres des humainsDu crime à leurs sujets applanir les chemins !

Coligny, dans son cœur à son prince fidele,

Aimait toujours la France en combattant contre elle:

H chérit, il prévint l’heureuse occasionQui semblait de l’état assurer l’union.

Rarement un héros connaît la défiance :

Parmi ses ennemis il vint plein d’assurance :

Jusqu’au milieu du louvre il conduisit mes pas.