56 LA HENRI Al)l'.
Et l’on porfa sa tète aux pieds de Médicis,
Conquête digne d’elle, et digne de son fils.
Médicis la reçut avec indifférence,
Sans paraître jouir du fruit de sa vengeance,
Sans remords, sans plaisir, maîtresse de ses sens,
Et comme accoutumée à de pareils présents.
Qui pourrait cependant exprimer les ravagesDont cette nuit cruelle étala les images?
La mort de Colignv, prémices des horreurs ,
N’était qu’un faible essai de toutes leurs fureurs.D’un peuple d’assassins les troupes effrénées,
Par devoir et par zele au carnage acharnées,Marchaient, le fer en main, les yeux étincelants,Sur les corps étendus de nos freres sanglants.
Guise était à leur tête, et, bouillant de colere,Yengeait sur tous les miens les mânes de son pere :Nevers, Gondi, Tavanne, nn poignard' à la main,Echauffaient les transports de leur zele inhumain;Et, portant devant eux la liste de leurs crimes,
Les conduisaient au meurtre, et marquaient les vie-times-.
Je ne vous peindrai point le tumulte et les cris,Le sang de tous côtés ruisselant dans Paris .
Le fils assassiné sur le corps de son-pere,
Le frere avec la sœur, la fille avee la mere ,
Les époux expirant sous leurs toits embrasés,
Les enfants au berceau sur la pierre écrasés:
Des fureurs des humains c’est ce qu’on doit attendre.Mais ce que l’avenir aura peine à comprendre.
Ce que vous-même encore â peine vous croirez,
(les monstres furieux de carnage altérés,
Excités par la voix des prêtres sanguinaires,