CHANT III.
ti?
Ils voyaient devant eux avancer le trépas,
Sans détourner les yeux, sans reculer d’un pas.
Des courtisans français tel est le caractère :
La paix n’amollit point leur valeur ordinaire ;
De l’ombre du repos, ils volent aux hasards :
Vils flatteurs à la cour, héros aux champs de Mars.
Pour moi, dans les horreurs d’une mêlée affreuse,J'ordonnais, mais en vain, qu’on épargnât J oyeuse ;Je i’apperçus bientôt, porté par des soldats,
Pâle, et déjà couvert des ombres du trépas.
Telle une tendre fleur, qu’un matin voit écloreDes baisers du zéphyr et des pleurs de l’aurore,Brille un moment aux yeux, et tombe, avant le temps,Sous le tranchant du fer, ou sous l’effort des vents.
Mais pourquoi rappeler cette triste victoire?
Que ne puis-je plutôt ravir à la mémoireLes cruels monuments de ces affreux succèsMon bras n’est encor teint que du sang des Français :Ma grandeu r, à ce prix, n’a point pour moi de charmes;Et mes lauriers sanglants sont baignés de mes larmes.Ce malheureux combat ne fit qu’approfondirL’abyme dont Valois voulait en vain sortir.
Il fut plus méprisé, quand on vit sa disgrâce ;
Paris fut moins soumis, la ligue eut plus d’audace;
Et la gloire de Guise, aigrissant ses douleurs ,
Ainsi que ses affronts redoubla ses malheurs.
Guise dans Viinori, d’une main plus heureuse,Vengea sur les Germains la perte de Joyeuse ;Accabla, dans Auneau, nies alliés surpris ;
Et, couvert de lauriers, se montra dans Paris.
Ce vainqueur y parut comme un dieu tutélaire.Valois vit triompher son superbe adversaire,