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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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CHANT III.

Enfin, maître absolu d’un peuple révoltéLe cœur plèin d’espérance et de témérité,

Appuyé des Romains, secouru des Iberes,

Adoré des Français, secondé de ses freres,

Ce sujet orgueilleux crut ramener ces tempsOù de nos premiers rois les lâches descendants,Déchus presque en naissant de leur pouvoir suprême,Sous un froc odieux cachaient leur diadème,

Et, dans l’ombre d’un cloître en secret gémissants,Abandonnaient l’empire aux mains de leurs tyrans.

Valois, qui cependant différait sa vengeance,Tenait alors dans Blois les états de la France.Peut-être on vous a dit quels furent ces états :

On proposa des lois qu’on n’exécuta pas;

De mille députés l’éloquence stérileY fit de nos abus un détail inutile ;

Car de tant de conseils l’effet le plus communEst de voir tous nos maux sans en soulager un.

Au milieu des états, Guise, avec arrogance,

De son prince offensé vint braver la présence,

S’assit auprès du trône, et, sûr de ses projets,

Crut, dans ces députés, voir autant de sujets.

Déjà le r troupe indigne, à son tyran vendue,

Allait mettre en ses mains la puissance absolue ,Lorsque, las de le craindre, et las de l’épargner,Valois voulut enfin se venger et régner.

Son rival, chaque jour, soigneux de lui déplaire,Dédaigneux ennemi, méprisait sa colere,

Ne soupçonnant pas même, en ce prince irrité,

Pour un assassinat assez de fermeté.

Son destin l’aveuglait: son heure était venue ;

Le roi T e fit lui-même immoler à sa vue.

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