LA HENRIADE.
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D’un vol précipité fendant les vastes nues ,
Vont dans les cliamps de l’air enlever les oiseaux,Dans les bois, sur les prés, déchirent les troupeaux,Et dans les flancs affreux de leurs roches sanglantesRemportent, à grands cris, ces dépouilles vivantes.
Déjà plein d’espérance, et de gloire enivré,
Aux tentes de Valois il avait pénétré.
La nuit et la surprise augmentaient les alarmes :Tout pliait, tout tremblait, tout cédait à ses armes.Cet orageux torrent, prompt à se déborder,
Dans son choc ténébreux allait tout inonder.
L’étoile du matin commençait à paraître*.
Mornay, qui précédait le retour de son maître,Voyait déjà les tours du superbe Paris.
D’un bruit mêlé d’horreur il est soudain surpris :
Il court, il appercoit dans un désordre extrêmeLes soldats de Valois, et ceux de Bourbon meme :
« Juste ciel ! est-ce ainsi que vous nous attendiez?
« Henri va vous défendre ; il vient ; et vous fuyez !
« Vous fuyez, compagnons »! Au son de sa parole,Comme on vit autrefois, au pied du capitole,
Le fondateur de Rome, opprimé des Sabins,
Au nom de Jupiter arrêter ses Ptomains;
Au seul nom de Henri, les Français se rallient:
La honte les enflamme, ils marchent, ils s’écrient,Qu’il vienne ce héros, nous vaincrons sous ses yeux.Henri dans le moment parait au milieu d’eux,Brillant comme l’éclair au fort de la tempête :
Il vole aux premiers rangs, il s’avance à leur tête ;
Il combat, on le suit ; il change les destins :
La foudre est dans ses yeux, la mort est dans sesmains.