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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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LA HENRIADE.

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D’un vol précipité fendant les vastes nues ,

Vont dans les cliamps de l’air enlever les oiseaux,Dans les bois, sur les prés, déchirent les troupeaux,Et dans les flancs affreux de leurs roches sanglantesRemportent, à grands cris, ces dépouilles vivantes.

Déjà plein d’espérance, et de gloire enivré,

Aux tentes de Valois il avait pénétré.

La nuit et la surprise augmentaient les alarmes :Tout pliait, tout tremblait, tout cédait à ses armes.Cet orageux torrent, prompt à se déborder,

Dans son choc ténébreux allait tout inonder.

L’étoile du matin commençait à paraître*.

Mornay, qui précédait le retour de son maître,Voyait déjà les tours du superbe Paris.

D’un bruit mêlé d’horreur il est soudain surpris :

Il court, il appercoit dans un désordre extrêmeLes soldats de Valois, et ceux de Bourbon meme :

« Juste ciel ! est-ce ainsi que vous nous attendiez?

« Henri va vous défendre ; il vient ; et vous fuyez !

« Vous fuyez, compagnons »! Au son de sa parole,Comme on vit autrefois, au pied du capitole,

Le fondateur de Rome, opprimé des Sabins,

Au nom de Jupiter arrêter ses Ptomains;

Au seul nom de Henri, les Français se rallient:

La honte les enflamme, ils marchent, ils s’écrient,Qu’il vienne ce héros, nous vaincrons sous ses yeux.Henri dans le moment parait au milieu d’eux,Brillant comme l’éclair au fort de la tempête :

Il vole aux premiers rangs, il s’avance à leur tête ;

Il combat, on le suit ; il change les destins :

La foudre est dans ses yeux, la mort est dans sesmains.